jeudi 28 juillet 2011

Qui fait quoi? Avec qui? 3e partie, les défenseurs

Ceux qui arrivent ici pour la première fois auront avantage à visiter les deux premiers billets portant sur le bilan de la saison pour mieux comprendre les tableaux que j'utilises. Voici le lien vers celui portant sur les attaquants du haut de l'alignement et celui portant sur les attaquants du bas de l'alignement.

Voici les principales paires défensives ayant oeuvré pour le CH au cours de la dernière saison. Les défenseurs droitiers sont sur la ligne du haut, les gauchers sur la première colonne à droite, Spacek sur les deux parce qu'il joue partout.


Le même tableaux avec, cette fois-ci, les pourcentages en lieu et place des nombres brut dans les colonnes +/-...

  • Ces chiffres portant sur les seules situations à 5 contre 5, on constate que Subban et Gill ont franchement dominé, aux chances plus encore qu'aux TVF, tout en étant passablement bousculés aux mises en jeu. J'étais surpris de voir Gill revenir à la place d'Hamrlik, mais ces chiffres me disent que quelque part, à presque 50% moins cher et pour une seule année, le vieux #75 fait parfaitement le travail aux côtés de PK. Si, en plus, Markov joue au moins 60 matchs, ça ne laissait plus beaucoup de place à Hamr et, surtout, plus aucune place à un type comme Yemelin, qu'on devra bien développer un de ces 4.
  • Plus gâtés aux zones de départ, Hamrlik et Wisniewski ont globalement livré la marchandise aux chances de marquer. Ça n'était pas toujours élégant et, à la fin de la série contre Boston, c'était carrément souffrant à voir aller. Mais l'acquisition de Wisniewski par Gauthier aura, au total, été un coup de maître. Sans lui, la défensive implosait et il n'y avait tout simplement pas de meilleur défenseur sur le marché. Spacek et Hamrlik ont semblé en arracher un peu plus, mais ils se sont tenus à flots.
  • Spacek, justement, a joué avec un peu tout le monde. Ses tournées avec Subban ont soulevé l'ire de nombreux observateurs, mais ce jugement était d'abord et avant tout esthétique. Sur le plan des résultats, c'était probant. Outre Hamrlik, c'est avec Weber que Spacek a passé pas mal de temps et ce duo-là n'a pas été terrible aux chances de marquer. On voit, aux TVF comme aux zones de départ, que c'était dans un contexte favorable et malgré une réelle domination territoriale. Je ne m'inquiète donc pas outre mesure.
  • Picard aura été un autre joli coup de Gauthier. J'ai entretenu en début de saison l'espoir de le voir monter une marche et devenir un régulier, ce qui n'est pas arrivé. Ça n'enlève rien au #45, qui a fait un job honnête de numéro 7 et qui vient par là de rallonger de quelques années sa carrière dans la LNH.  À 26 ans, il est encore jeune. Quand même, le gars en doit une à Martin de l'avoir collé sur Subban pendant 3 mois.
  • Mara et Sopel sont arrivés en "renforts" à la date limite des échanges. Je ne comprends toujours pas l'utilité d'enlever de la glace à Weber pour la donner à ces deux piochons-là. Surtout Sopel. Cibole.
Qualité des adversaires affrontés

Pour cette section, ceux d'entre vous qui ne l'ont pas lu auront avantage à aller jeter un oeil au billet sur le haut de l'alignement des attaquants, dans lequel j'explique plus en détail la procédure par laquelle je construis les indices de difficultés des adversaires affrontés.

Voici, pour les défenseurs, une version remaniée du tableau de difficulté des adversaires affrontés. Ce tableau se lit de gauche à droite, les cellules de couleur foncées indiquant la plus grande part de présences sur la glace avec un joueur donné. J'ai aussi refait le classement, suivant les excellentes suggestions de mes commentateurs: il y a maintenant 4 groupes et non pas 5 et ces groupes sont classés en ordre décroissant de difficulté. Le 1er quart représente les adversaires les plus coriaces. 


  • Gill et Subban ont principalement joué contre les meilleurs adversaires, alors que Gill et Gorges se sont plutôt retrouvés contre les milieux d'alignements. Ça doit quand même être pris avec deux grains de sel: la demi-saison de Gorges la nature de l'indice comme je l'ai construit.
  • Sur la demi-saison de Gorges, je vous renvoie à la colonne Hamrlik/Spacek. Ce sont eux qui, avant les fêtes, se tapaient la job de bras et on constate quand même que leur travail contre les 3 groupes suivants vient un peu noyer le fait qu'ils ont passé presque deux fois plus de temps que Gill et Subban contre les meilleurs adversaires. Je crois que les tâches étaient un peu moins clairement définies en première moitié et ça a peut-être à voir avec le fait que Martin, en général, a joué plus serré des confrontations en deuxième moitié de saison. En effet, Hamrlik et Wisniewski ont ramassé encore plus de glace dure que Gill et Subban! Ce constat me ramène encore à l'indice tel que je l'ai construit. Il semble bien qu'en prenant comme base l'indice "Corsi Relative Quality of Competition" du site BehindThenet.ca, je qualifie comme adversaires les plus durs affrontés ceux qui sont systématiquement envoyés contre les meilleurs, et non pas ceux qui produisent systématiquement à l'offensive. Bref, des joueurs à vocation offensive comme Wisniewski et Hamrlik (et Subban!) verraient leur indice de qualité des adversaires dopé, alors que celui de joueurs plus défensifs comme Gorges et Gill soit au contraire poussé vers le bas. L'effet serait encore plus marqué chez les duos de défenseurs. Représenter à la fois la qualité des adversaires affrontés par l'adversaire, la capacité de l'adversaire à surclasser ses adversaires aux tirs et, enfin, la lourdeur relative des assignations aux mises en jeu des adversaires affrontés seraient alors les trois pattes sur lesquelles on peut faire tenir un indice plus précis.
  • Hors-Hamrlik, Spacek a eu des rôles diamétralement opposés: appelé à appuyer Subban dans des moments difficiles en début de saison, il a très bien fait. Avec Weber? Plus difficile, et dans les minutes molles, en plus. Commence peut-être à être usé, l'ami. Curieux de voir s'il franchira le cap des 50 matchs en 2011-12.
  • Picard a toujours été jalousement protégé. C'est compréhensible
  • Ah donc, Mara-Sopel ont fait des cacas partout en jouant contre les fonds de tonnes. Misère.

dimanche 24 juillet 2011

Qui fait quoi, avec qui? 2e partie

Après avoir décortiqué les résultats des 6 premiers attaquants du club, passons maintenant aux autres attaquants.

Pour commencer, les deux tableaux amorçant le précédent billet font un rappel utile de la distribution du temps de glace lors de la dernière saison.



Le premier des deux tableaux nous indique le nombre de Tirs vers le filet (TVF) survenus lorsque deux joueurs donnés sont sur la glace. La principale utilité de ce tableau est de nous donner une approximation du temps passé sur la glace par deux joueurs.

Le deuxième tableau nous donne le différentiel des TVF lorsque ces deux mêmes joueurs sont sur la glace. La principale utilité de ce tableau est de nous donner une approximation du temps de possession lorsque ces deux joueurs sont sur la glace.

Jetons maintenant un regard plus attentif sur le fond de l'alignement. Premièrement, voici un tableau indiquant les TVF, les chances et les mises en jeu des joueurs du fond d'alignement lorsqu'ils sont sur la glace avec des joueurs du haut de l'alignement.


Et voici comment les joueurs du bas de l'alignement ont performé lorsque jumelés les uns aux autres:


  • Je l'ai souligné mais ça mérite d'être répété: le rôle de Halpern était clairement de tenir le fort en attendant qu'Eller et Desharnais prennent le tour de jouer au centre dans la LNH. Une fois les deux jeunes habitués, Halpern a passé pas mal de temps à jouer à la droite de Cammalleri et Plekanec contre les meilleures unités adverses. La différence entre les TVF et les mises en jeu, d'une part, et d'autre part, les chances de marquer, reste remarquable. Je ne sais franchement pas si c'est un rythme tenable à long terme, mais voilà, pour un certain temps ils ont fait le travail.
  • Desharnais n'a jamais eu à s'aventurer pour la peine dans les minutes dures, jouant principalement avec le grand Pouliot. Ces deux-là ont fait un travail parfaitement adéquat, convertissant des zones de départ plus ou moins favorables en une claire domination aux TVF et aux chances. L'ajout de Cole laisse entrevoir l'arrivée sur le troisième trio d'un joueur de top-6 en remplacement de Pouliot. Desharnais en sortira grandement favorisé. Si tant est que l'alignement reste tel quel, le petit 58 aura deux mois pour se définir un rôle dans le top-9, après quoi Eller reviendra. Le fait est qu'à l'oeil, il semble bien que Martin voie dans Desharnais un joueur à ne pas sortir contre les meilleurs, mais capable de prendre beaucoup de tâches défensives contre les fonds d'alignement. Ça n'est pas une mauvaise façon de s'établir dans la ligue, surtout pour un joueur possédant de réelles aptitudes offensives.
  • Globalement, les microstats donnent un portrait franchement positif de la saison d'Eller. Alors que Desharnais recevait nombre d'assignations défensives en restant protégé des meilleurs adversaires, Eller a été relativement protégé des missions défensives mais régulièrement exposé aux meilleurs adversaires. En fait, c'est jumelé à AKost, Cammalleri et Moen que le jeune Danois s'est principalement cassé les dents. Martin, il faut le rappeler, a été très agressif dans l'augmentation des responsabilités d'Eller, le but étant d'en faire un éventuel centre de top-6. J'ai d'ailleurs écrit sur la chose au cours de la saison.
  • Darche, Moen et White composent présentement le personnel de soutien. Les trois ont des aptitudes complémentaires, Darche étant le plus susceptible de contribuer à l'attaque, Moen le spécialiste de la défensive et White, un peu entre les deux pour ce qui est de l'équilibre attaque/défense, apporte quant à lui son expérience d'ancien centre et une certaine robustesse.
Je crois toujours qu'Engqvist sera celui qui profitera de l'absence d'Eller pour prendre une vingtaine de matchs sur la 4e ligne, mais il se peut fort bien que Martin décide d'y aller avec White au centre et plutôt donner une première vraie saucette à Palushaj. D'une façon ou d'une autre, Palushaj et Engqvist sont les attaquants #13 et #14 de ce club, avec Yannick Weber comme swing man. Mais avec 5 millions sous le plafond, reste à voir si quelqu'un aura envie de donner un joueur à Gauthier.

lundi 18 juillet 2011

Qui fait quoi? avec qui? - 1ere partie

Le dernier billet vous a permis de me faire plusieurs excellentes suggestions sur la qualité des adversaires. Ça va demander un peu de travail, alors je laisse de côté les indicateurs que qualité des adversaires affrontés pour un moment. Revenons à une façon plus "classique" (pour ce blogue) de présenter l'information.

Voici un tableau indiquant le nombre total de TVFs (Tirs vers le filet = tirs au but + buts + tirs bloqués + tirs manqués) lorsque certains duos d'attaquants du CH sont sur la glace.


On comprend, à lire ce tableau, que Plekanec et Kostitsyn ont été ensemble sur la glace pour 1055 TVF, Gomez et Gionta 1544, et ainsi de suite. Ce nombre de TVF ne nous dis rien des performances de ces joueurs, mais il nous donne une approximation du temps passé sur la glace.

L'avantage territorial se calcule alors sur le différentiel de ces mêmes TVF.


Mais ce tableau manque de contexte. C'est pourquoi j'ai pris l'habitude de présenter ensemble les TVF, les mises en jeu et les chances de marquer. Pour chaque indicateur, j'affichais le nombre total d'événements (N) et le différentiel (+/-). Voici un premier tableau montrant comment le top-6 du CH s'est tiré d'affaire. Ce tableau se lit de haut en bas et non pas de droite à gauche.

On constate qu'après Eller, les autres joueurs du fond de l'alignement n'ont pas passé beaucoup de temps à jouer dans le top-6. Pacioretty a quand même joué 37 matchs, au cours desquels il est resté confortablement installé aux côtés de Gomez et parfois Plekanec.

Ces données sont celles compilées à 5 contre 5, excluant donc les situations de filet désert. Quelques observations en rafale...

  • J'y reviens encore: lorsqu'on enlève les situations extrêmes (genre 5 contre 6 en fin de match avec 1 minute à faire), Plekanec ressort franchement du lot. Au total, le CH fait 58% des chances de marquer lorsqu'il est sur la glace. Si ça n'est pas faire partie de l'élite, c'est la marche juste en dessous.
  • Je reste surpris des fiches de Cammalleri et AKost. Le #13 n'a pas connu une bonne saison, jouant souvent blessé et ça paraît sur les résultats. Accompagné de Pleks, ça se maintenait aux chances, mais ça s'effondrait avec Gomez. Pareillement, AKost fait bonne figure sur le premier trio, mais si tant est qu'ils avaient l'air bons à l'oeil nu, Eller et AKost se sont fait passablement poivrer tant aux chances qu'aux tirs. Le jeune danois a encore des croutes à manger.
  • J'ai publié il y a quelques semaines un billet décortiquant les chances de marquer obtenues par l'équipe lorsque Gomez est sur la glace. Outre la malchance en offensive, j'étais resté dubitatif face au volume de chances accordées lorsque le #11 est d'office. Si Gomez est capable de produire à l'attaque, force est d'admettre qu'il a, l'an dernier, accordé beaucoup en retour, prenant probablement trop de risques. En ce sens, les avantages massifs en TVF ne se traduisent pas en chances de marquer. Faut aussi noter que la tendance se maintient avec Pacioretty, qui reste encore vert. Pour toutes ces raisons, je ne serais pas surpris de voir Cole commencer à gauche des killer G's, Pacioretty et Desharnais constituant la fondation de la 3e ligne en reprenant une association qui avait été fort fructueuse dans la LAH.
  • Halpern, Cammalleri et Plekanec ont eu beaucoup de fonte à lever en peu de temps et la disparité entre, d'une part, les TVF et les mises en jeu et, d'autre part, les chances de marquer, laisse entendre que le vieux Halpern, s'il me semblait de plus en plus fragile, avait quand même encore de l'essence dans le réservoir. Vu l'assemblage actuel d'attaquant, un ailier défensif supplémentaire pour appuyer Pleks en zone défensive semble être la seule pièce manquante. Je ne crois pas que ce soit Cole, qui semble avoir un profil plus offensif, mais on verra.
  • Gionta reste un superbe joueur de minutes dures. Gio à 5 millions et Leino à 4.5, disons que l'été 2009 de Bob n'a pas l'air si mauvais. C'est les 82 matchs de Gionta qui me rassure vraiment. Cammalleri à 6, par contre... Faudra voir s'il peut rester en santé pendant 160, 190 ou 200 matchs au cours des 3 prochaines années. Parce qu'à 60 matchs par saison (dont une vingtaine tout croche ce coup-ci) pour 6 millions, oye.
  • Je ne l'ai pas ici, mais Pacioretty/Gomez/Gionta, lorsqu'on fait le "split" par qualité des adversaires, se tient à flots contre les 4 premiers groupes et coule comme des roches contre les meilleurs. Curieux de voir si les coachs vont trouver un moyen d'ajuster ça l'an prochain.
Les joueurs de soutien vont suivre bientôt. Après, la défensive.

samedi 16 juillet 2011

Qualcomp: un bel outil

C'est l'été alors, forcément, la pression de publier tous les deux jours n'est plus exactement là.

Ça me permet par contre de reconstruire un peu mes scripts de collecte de données. Plus précisément, je cherche à intégrer d'une manière intelligible les données relatives à la qualité des adversaires affrontés, telles que publiées sur le site behindthenet.ca.

Voici un premier tableau. Quelques indications de lecture:

  • Il présente les Tirs vers le filet (TVF) lorsqu'un joueur donné est sur la glace. Il s'agit des TVF pour et contre, l'objectif étant d'obtenir une approximation du temps passé sur la glace par un joueur donné.
  • Les 5 colonnes, intitulées "Groupe[A-E]", représentent la qualité des adversaires affrontés. Je m'expliquerai plus (trop) longuement de la démarche par laquelle j'en suis venu à obtenir ces 5 groupes, mais pour l'instant sachez ceci: ils sont basés sur l'indice "CorsiRelQualComp" calculé pour chaque joueur sur le site BehindTheNet.
  • Le groupe A représente les adversaires les moins coriaces, le E les plus coriaces.
  • Il s'agit des seules données à 5 contre 5, excluant les situations avec un filet désert.
  • La couleur verte représente l'importance du nombre d'une cellule donnée sur le total des cellules des 5 groupes.

Quelques observations:
  • La concentration de vert vers la droite pour les deux premiers trios et vers la gauche pour les deux derniers trios indique clairement les rôles joués par ces trios. Lorsqu'on parle de jouer "force contre force", c'est précisément ce que fait Jacques Martin. Plekanec et Gomez passent deux fois plus de temps contre les meilleurs éléments adverses que les 3e et 4e trios. C'est énorme.
  • Halpern et Moen se démarquent du reste du fond de l'alignement, ayant tous deux un "spot" vert sous le GroupeE, ce qui reflète leur travail de spécialiste en défensive. Ils sont quand même loin derrière AKost et Pacioretty; sous Jacques Martin, n'est pas un joueur de top-6 qui veut.
Passons maintenant aux mises en jeu:
  • Le tableau présente encore ici les données pour le seul jeu à 5 contre 5, excluant les situations de filet désert.
  • On voit maintenant des pourcentages, soit la part des mises en jeu prises en zone offensive sur le total des mises en jeu en zone offensive et défensive.
  • On passe au bleu, parce que j'aime bien mélanger les choses.
  • Si on avait de la couleur en bas à gauche et en haut à droite sur les TVF, ici on a l'inverse: une ligne bleue qui part de Cammalleri contre le GroupeA et descend jusqu'à Pyatt contre le GroupeE. Martin ne perdait pas son temps à bruler ses cartouches contre les piochons, laissant son fond d'alignement se démerder.
  • Parce que le 5 contre 5 excluant les situations de filet désert purge l'essentiel des situations de spécialiste en défensive, Halpern et Moen ne sont plus aussi exceptionnels dans leurs assignations. On constate notamment que les nombreux départs en zone défensive de Halpern s'accomplissaient essentiellement contre le fond des alignements adverses.
  • Sachant qu'Halpern a été muté à l'aile de plus en plus fréquemment à partir du mois de janvier, le 38% de départs offensifs de Desharnais me semble significatif; Martin l'a clairement envoyé dans un rôle s'approchant de celui de Halpern et, en ce sens, ceux qui s'attendent à voir Gauthier signer un spécialiste des mises en zone défensive (la version la plus absurde de cette attente concernait Zenon Konopka) sont peut-être dus pour une surprise. Les mises en jeu critiques en zone défensive sont le fief de Plekanec et si Martin n'a pas dévié de cette façon de faire avec Halpern, c'est que jamais un joueur marginal ne délogera Plekanec des assignations critiques. C'est pourquoi je ne serais pas surpris de voir Desharnais, surtout en l'absence d'Eller (qui a été plus protégé sur ce point) prendre ce job. Il semble bien qu'il l'ait déjà, en fait.
  • Laissons les joueurs de côté pour un bref instant. Le fait que ces deux premiers tableaux donnent, sur les jeux de couleurs, une image en miroir représente à mes yeux un élément important. Ça confirme, selon moi, que ces données ne sont pas simplement des chiffres tirés d'un chapeau; ce sont des observations notées qui, ainsi mises bout à bout, nous parlent de ce qui se passe lorsque l'équipe joue. Plus précisément, ces tableaux nous parlent de l'équipe sur un plan global. Ce qu'on voit ici, c'est le fruit du travail des joueurs et des coachs.
Les chances de marquer maintenant. Même structure que les mises en jeu, avec une nuance, du rouge. Plus un nombre s'approche de 40%, plus il est rouge vif, de 50% il devient blanc, de 60% bleu foncé.

  • Libéré des charges de 5 contre 6 en fin de match, Plekanec se démarque d'emblée. Je le regarde et je ne peux m'empêcher d'être curieux: qu'est-ce qu'un joueur comme Crosby, voire Mario Lemieux, pouvait sortir comme ligne dans ces circonstances? Anyway, ce qui distingue Pleks de Gomez apparaît en plein ici, le #11 perdant des plumes contre l'élite de l'adversaire.
  • Faudra voir avec les tête-à-tête qui suivront, mais les séjours d'Eller dans le top-6 ont laissé des marques; le jeune va être bon, mais il est encore vert. Pacioretty, par contre, semble prêt. Comme si on avait besoin de chiffres pour savoir ça, m'enfin...
  • Si on pense aux taux de mises en jeu en zone défensive de Desharnais contre le fond des alignements adverses, ses pourcentages de chances de marquer sont encore plus intéressants. Je croyais que son avenir était comme ailier de top-6, mais je commence à me dire qu'il ressemble déjà à un très bon 3e centre. Tout le monde prend pour acquis que Cole va pousser AKost sur la 3e, mais Pacioretty, White et Desharnais ont mis la LAH à feu et à sang l'an dernier. Je dis ça comme ça.
La démarche, ou comment j'en suis arrivé à ces groupes

Je sais que mon lectorat n'a pas peur des chiffres, mais ici je pense que même la plupart d'entre vous vont trouver ça archiplate. Quand même, voici comment j'ai procédé pour en arriver à ces 5 groupes de qualité des adversaires affrontés.

Pour chaque joueur de chaque équipe, j'ai repiqué du site behindthenet.ca l'indice CorsiRelQualComp (CRQC) qui lui était associé. Cet indice est calculé comme suit par le site behindthenet.ca.

Pour chaque joueur, on compile le différentiel des tirs vers le filet lorsqu'il est sur la glace et on ramène ce différentiel à un taux horaire. Sur 60 minutes de temps de glace d'Alex Ovechkin, les Capitals tentent 10,7 tirs vers le filet de plus que leur adversaire. Sur 60 minutes sans Alex Ovechkin, ces mêmes Capitals se font légèrement déclasser, compilant un différentiel de -1,2 tir vers le filet. Le site Behindthenet donne donc un indice CorsiRel de [(10,7 - (-1,2)) = 11,9] à Ovechkin.

Si un joueur jouait la totalité de sa saison contre Alex Ovechkin, il aurait donc un indice CorsiRelQualComp de 11,9, soit le CorsiRel. Mais ça n'arrive pas. Donc, pour chaque joueur, on prend chacune de ses présences, sur lesquelles on recueille chacun des fragments de présences de ses adversaires et à chacun de ces fragments on attribue la valeur CorsiRel de l'adversaire. On fait une belle moyenne et ça nous donne un indice, le CorsiRelQualComp, soit la qualité des joueurs affrontés calculée à partir de la capacité de ces joueurs à aider leur équipe à déclasser l'adversaire aux tirs.

Cet indice n'est valide qu'à l'intérieur d'une équipe donnée. D'une équipe à l'autre, les nombres ne servent à rien puisque les adversaires affrontés ne sont pas les mêmes. J'ai donc effectué les manoeuvres suivantes pour normaliser ces indices et ensuite effectuer les 5 groupes d'adversaires.

J'ai fait pour chaque équipe la liste des joueurs et de leur indice CorsiRelQualComp (CRQC), liste de laquelle j'ai retiré les joueurs ayant joué moins de 21 matchs. Ainsi, Sopel fait partie de la liste des Thrashers, mais pas de celle du CH.

Pour chaque liste de joueur ainsi constituée, j'ai fait deux sous-listes, une pour les attaquants et une pour les défenseurs. Pour chaque liste, j'ai calculé l'écart-type des valeurs CQRC et divisé chaque valeur par l'écart-type de la liste. Chaque valeur CQRC a ainsi été ramenée à une valeur comprise entre -3 et 3. Cette manoeuvre de normalisation me permet de comparer les indices CQRC d'une équipe à l'autre. À titre d'exemple, Plekanec a un indice normalisé de qualité des adversaires de 2.05, Halpern de 1.21 et Desharnais de -1.2.

Armé de mes 30 listes de joueurs avec des indices normalisés de qualité des adversaires affrontés, j'ai pris chaque feuille de matchs ("play by play") de la saison 2010-11 et, pour chaque événement recensé,  j'ai fait la moyenne des indices des joueurs d'une équipe présents sur la glace pour cet événement, ce qui donne un coefficient de difficulté à cet événement pour les deux équipes. Ainsi, la mise en jeu du premier match de la saison entre le CH et les Leafs, le quintette du CH représentait un coefficient de difficulté de 0,9 (Gomez-Gionta-Pouliot-Gorges-Gill) et celui de Toronto un coefficient de 1,15 (Phaneuf-Beauchemin-Armstrong-Sjostrom-Brent).

Des événements recensés (ça va des tirs au but aux rondelles par-dessus la baie vitrée) dans les 82 feuilles de match du Canadien, j'en ai identifié 106 026 (ce total inclut les chances de marquer que j'ai compilées) survenus à 5 contre 5 avec un gardien présent pour chaque équipe. J'ai trié ces événements en ordre croissant de difficulté des adversaires affrontés et les ai séparés en 5 groupes.

Quelques petites notes en terminant...
  • J'aurais peut-être dû monter à 40 matchs le seuil d'exclusion des calculs de joueurs...
  • Je pourrais composer l'indice de deux indicateurs, un avec le CRQC et l'autre avec le CorsiRel et ensuite les joindre. Comment, en faire la moyenne? Les additionner? L'idée, c'est que la crème de la crème soit non pas composée de ces joueurs qui sont astreints aux tâches dures, mais de ceux qui sont astreints aux tâches dures et dominent territorialement. Mais je ne suis pas certain que ce soit nécessaire.
  • Je ne suis pas hyperconvaincu du bien-fondé de l'écart-type. En fait, j'ai utilisé ça un peu au pif et les résultats semblent coller. Si quelqu'un a une meilleure idée pour normaliser ces données, je suis très intéressé à vous entendre.
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  • Cette façon de diviser les choses ouvre évidemment la porte à tout un tas d'analyses. Voici les mêmes tableaux montrant cette fois-ci l'évolution de PK Subban au long de la saison. En gros, il y a l'avant et l'après-blessure à Gorges. PK a eu un peu de difficultés en janvier, mais il a pris le beat par après. Il est splendide, s'pas?