jeudi 29 mars 2012

Pierre Gauthier

Ainsi donc, l'ami Pierre a pris le bord, accompagné de Gainey.

Les bons coups

  • Dominic Moore contre un choix de deuxième ronde. Joueur versatile qui, en 2009, renchaussait le club à forces égales en lui donnant enfin un vrai troisième centre (Metropolit s'étant effondré après le départ de Pacioretty pour Hamilton). L'amélioration du jeu à forces égales, à partir du 60e match, est palpable. Ça restait franchement médiocre, mais Moore a certainement contribué à améliorer les choses:

  • Wisniewski, certainement. Encore une fois contre quelques choix de repêchage, un défenseur de top-4 capable de prendre, avec Hamrlik, le rôle de deuxième duo derrière Subban et Gill. De ne pas signer le Wiz était aussi un choix qui me semble raisonnable.
  • Halak contre Eller et chose. Price est certainement un gardien dominant et si j'ai à l'époque souhaité qu'on échange ce dernier pour un retour supérieur, à mes yeux Eller reste une très belle prise. Les centres de son genre, appelés à contribuer dans toutes les situations, ont toujours des décollages plus tranquilles. Ayant à soutirer leur temps de glace à des spécialistes de l'offensive (Desharnais, Gomez) et de la défensive (Halpern, dans une moindre mesure White et Nokia), leur chemin est nécessairement plus ardu. Mais l'ami Lars n'a que 22 ans, joue ses 80 matchs par saison et a collé à ce jour 22 points (dont 12 buts) à forces égales en jouant trop souvent avec des piochons. À 23 ans, Plekanec avait fait 23 points à forces égales en 67 matchs, dont 9 buts. Si on ajoute qu'après Plekanec, c'est lui le centre qui subit les plus rudes assignations côté qualité des adversaires affrontés...
  • Cole. Le bonhomme n'a plus 20 ans et n'a probablement pas d'autres saisons de 60 points dans le corps, mais il demeure un joueur dont l'impact offensif peut être sidérant. De plus, ses aptitudes défensives ont à elles seules permis à Desharnais de s'installer au centre. Le CH a comme avantage sur la plupart de ses concurrents une extraordinaire quantité de fric. D'en mettre plus que nécessaire sur Cole était un très, très bon coup.
  • Markov. Si Wisniewski est signé pour 5 autres saisons à 5.5 millions par saison, le Général lui en coûtera 5.75 pour les deux prochaines. Même rouillé au possible et naviguant avec peine au sein d'un club terriblement désorganisé, il me semble clair et net que Markov est et sera supérieur à Wisniewski dans les trois zones et dans les trois situations de jeu. Un foutu bon deal. Si un élément doit être identifié comme le déclencheur de la catastrophe que fut au total cette saison, c'est certainement le fait que Markov ne revienne pas au jeu à la fin novembre. C'est en réaction à cette nouvelle que Gauthier a mis le feu à la baraque.
Monsieur gasoline
C'est avec un certain soulagement que je vois Gauthier lever les pattes. Au-delà du détail des bons et moins bons gestes posés, la présente saison à révélé chez lui deux éléments qui sont, me semble-t-il, des faiblesses impardonnables pour un directeur gérant. Je suis un vulgaire blogueur, alors on prend ça avec un grain de sel, mais quand même.

Premièrement, et je m'en suis souvent plaint sur ce blogue, Gauthier ne semble pas savoir apprécier le rôle réel que joue la chance dans les résultats d'une équipe sur une saison, encore moins sur une demi ou un quart de saison. Ça l'amène à identifier de faux problèmes (l'avantage numérique ne fonctionne pas), négliger de vrais problèmes (le trop grand nombre de joueurs recrue surtaxe les rares vétérans du club dans certaines situations critiques, notamment les situations défensives) et apporter des solutions qui n'en sont pas. Ainsi, on s'est retrouvés avec Kaberle et Nokelainen alors que Saint-Denis et un centre défensif à la Phalsson auraient probablement été la voie à suivre.

Pire encore, et c'est mon deuxième point, cette difficulté à distinguer ce qui résulte de la simple chance de ce qui est imputable au travail de l'équipe en place l'a clairement amené à s'aliéner puis à congédier un entraîneur qui jusque-là faisait son travail et était apprécié de ses joueurs. La blessure à Markov a imposé à Gauthier de bouger et c'est alors que les gaffes se sont accumulées. L'arrivée de Cunneyworth, les départs de Cammalleri puis Kostitsyn (ce dernier est resté longtemps, mais a peu joué sous Randy) ont  torpillé un club qui aujourd'hui voit les Sabres de Buffalo, qui étaient derniers de la conférence au match des étoiles, sur le point de participer aux séries.

Le métier est ingrat, mais le fait est qu'un directeur gérant possède un pouvoir immense à l'échelle d'une équipe. Lorsqu'un DG dérape et désarticule frénétiquement un club, en contradiction avec un patient travail de construction accompli au cours des deux dernières saisons, le congédiement s'impose.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci Olivier pour ton blog. J'aime beaucoup ton analyse des Canadiens. J'espère que tu continueras à suivre l'équipe même si les Nordiques revenaient!

Olivier a dit…

@Anonyme: On va commencer par attendre qu'ils reviennent, après quoi j'aurai un choix déchirant à faire :).

Mathieu (le Matheux) a dit…

Ca se peut-tu que la decision concernant le DG et le coach vont avoir un certain impact sur cette bien hypothetique decision? :)