jeudi 19 juillet 2012

Cole et Pacioretty


Stephan Cooper, contributeur au site Eyes on the prize et éditeur du site A winning habit, a publié dernièrement une entrevue que je lui ai accordée par courriel. Le lien est le suivant:



Il a par ailleurs publié sur les ratios individuels de tirs au but un article qui fait une excellente démonstration de l'importance de cet indicateur pour qui souhaite avoir une idée du potentiel d'un joueur n'ayant pas encore atteint la grande ligue.

Max Pacioretty est, à ce sujet, un cas d'école.

Max Pacioretty


L'explosion de Pacioretty était déjà prévisible par ses taux de tirs au but dans la ligue américaine. Mais on voit plus précisément à quel point il monte une marche en 2010 et une autre en 2011. Seul un taux de conversion en buts absurdement bas a pu garder ainsi le grand ailier sous le radar, permettant à Gauthier de lui faire signer un contrat ridiculement cheap.

Notons quand même que pour un joueur qui tire de relativement loin, un taux de conversion de plus de 9% reste relativement élevé. À moins qu'il n'aie une autre coche à monter côté tirs générés, il a donc probablement atteint son pic de productivité. Et quel pic...


Le détail des confrontations nous permet de constater qu'avec ou sans Desharnais, Pacioretty a passé l'essentiel de sa saison dans les minutes dures. Si les chances générées n'ont pas suivi sans DD, je note quand même que les TVF décrochent toujours positivement des taux de mises en jeu. Est-ce un hasard ou le fait de jouer avec des centres qui peuvent transporter la rondelle en zone offensive, je ne le sais, mais sans Desharnais, Pacioretty remonte continuellement et agressivement la pente.


On sait par ailleurs que le trio Cole/Desharnais/MaxPac a pris des assignations beaucoup plus dures sous Randy. À regarder les seuls splits de Pacioretty, on constate que ce dernier, contrairement à Desharnais, était déjà lancé agressivement dans les minutes dures par Martin et ce sans pour autant bénéficier d'une grosse protection territoriale. Et toujours, les TVF qui décorchent du bon bord par rapport aux mises en jeu. Ce genre de décrochage est pour moi la marque d'un vrai leveur de fonte.

Revenons un instant sur ces 300 quelques minutes jouées par Pacioretty sans Desharnais. Dans le détail, on constate qu'il n'a vraiment pas joué avec des pieds de céleri:


Le trio Pacioretty/Gionta/Pleks n'a pas beaucoup joué ensemble, mais les résultats sont pour le moins sidérants et la même chose peut être dite si on remplace Gionta par Cole. J'aimerais beaucoup voir une saison de Pleks/Gionta/Pacioretty agressivement utilisé sur les mises en zone défensive. On a là, je crois, un authentique trio de leveurs de fonte.

Mais bon, je ne retiens pas mon souffle.

Erik Cole


Si Cole n'a pas les taux de tirs au but de Pacioretty, il semble que ce soit en partie parce qu'il tire de beaucoup plus près. Qu'importe. Le gros ailier droit est durable, menaçant et, on l'a vu avec Desharnais, capable d'appuis défensifs significatifs. Sa saison 2011-12 a de quoi rendre optimiste, le bonhomme vieillit bien et a développé une réelle chimie avec Desharnais.


Je dis réelle chimie, mais dans son cas comme dans celui de Pacioretty, ses ratios de réussite ne souffrent pas de l'absence de DD. Si les choses semblent demeurer semblables contre le premier quadrant d'adversaires, contre les autres il fait à l'image de Pacioretty (qui l'a souvent accompagné) et décroche systématiquement ses TVF de ses ratios de mises en jeu.

En fait, si je présente ces tableaux, c'est pour illustrer en quoi, à mon sens, Desharnais ralentit probablement Cole et Pacioretty sur un aspect crucial de leur capacité à contribuer aux succès de l'équipe, soit leur capacité à gagner la zone adverse.


Si Cole a connu une variation dans ses schèmes d'utilisation entre les règnes de Martin et Randy, ce n'est pas tant au chapitre de la difficulté des adversaires qu'au nombre de mises en jeu prises en zone défensive. Comme on l'a vu plus haut, il semble que jumelé à Eller ou Plekanec, il soit à même de surmonter ce genre de difficultés encore mieux que lorsque jumelé à Desharnais.


Les temps de glace des différentes unités sont relativement restreints, donc on doit prendre le tout avec un grain de sel. Mais quand même, ici comme dans le cas de Pacioretty, jumelé à Plekanec ou Eller, les résultats sont plus que probants.

Desharnais est un pur bonus, un joueur sorti de nulle part et un authentique mangeur de minutes molles. Ces gars-là sont utiles, même précieux. Mais d'en faire ce qu'on en a fait l'an dernier ne rend service ni à DD, ni à ses sbires. Si leur fiche, en fin de saison, était ronflante, celle de leurs coéquipiers était minable et l'équipe a coulé à pic. Therrien aura plus de joueurs de la LNH sous la main que Cunneyworth en a souvent eu, mais il n'aura vraisemblablement pas beaucoup plus de bons joueurs. L'utilisation optimale de ceux-ci sera donc d'autant plus cruciale.

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