lundi 18 novembre 2013

Après 21 matchs

Après des débuts prometteurs, le CH performe en demi-teintes depuis un moment déjà. Pour ceux qui, comme moi, cherchent toujours du côté des pourcentages, les taux de conversion sont toujours les premiers à être étudiés.

Voici un premier graphique illustrant le différentiel des taux de conversion de chances en buts sur les unités spéciales et à forces égales. À sa suite, un tableau montrant les données brutes. Il s'agit de moyennes tournantes, entendre par là qu'on a la moyenne des 10 premiers matchs, suivie de celle des matchs 2 à 11 et ainsi de suite.



Règle générale, les taux de conversion tournent entre 12 et 14% à forces égales, alors que ça varie beaucoup plus sur les unités spéciales. L'avantage numérique, depuis le début de saison, converti à un rythme ahurissant: environ le quart des chances sont converties en buts! Je pense que ça explique pourquoi si le CH n'est que 18e au ratio des tirs générés en avantage, ça ne l'empêche pas d'être parmi les plus productifs. Est-ce que ça va durer? A-t-on là une démonstration de l'effet Markov (le CH a systématiquement vu ses taux de conversion de tirs en buts dopés en sa présence sur le 5 contre 4 ces dernières saisons)? Ça reste à voir.

Inversement, le taux de réussite de l'adversaire sur le désavantage numérique est relativement constant, autour de 15%, ce qui me semble dans les normes. Si on a à chercher une dimension dans laquelle la saison de Carey Price est remarquable, ça n'est donc pas tant là que sur les buts concédés à forces égales. Avec un taux de conversion global d'un peu plus de 10%, Price (et Budaj) a fait un travail sensationnel.

Malheureusement, ça semble compensé par une sous-performance au taux de conversion des chances, sous-performance qui ne fait que s'accentuer. Ça arrive, mais pour l'instant c'est un peu regrettable.

Au bout du compte, tout ça fait que le CH passe beaucoup plus de temps à jouer avec le score serré. Alors qu'il a passé 15 à 20% de ses matchs à défendre une avance d'au moins deux buts au cours des 15 premiers matchs, ce pourcentage a diminué à moins de 10% ces derniers temps. Fait à noter, cette perte ne se transpose pas en augmentation du temps passé avec un retard de plus de deux buts, mais plutôt, comme je le disais, en temps passé à jouer avec le score serré:


On peut donc prendre un peu de recul face aux envies de mettre tout le monde dehors: les buts ne viennent pas à forces égales, certes, mais au moins l'équipe reste dans le match. En fait, lorsqu'on regarde les différentiels de chances selon les situations, toujours en tournant une moyenne de 10 matchs, on voit apparaître certains éléments intéressants:



  • Après un passage à vide en milieu de séquence (dû selon moi aux nombreuses blessures débouchant sur un fond d'alignement pitoyable), le club continue à garder l'avantage aux chances de marquer à forces égales avec le score serré (en vert). Ça n'est pas immense, mais c'est réel.
  • Les unités spéciales, au volume de chances produites et accordées, ont opéré un revirement spectaculaire (en bleu). Longtemps déficitaires au volume, les choses ont changé du tout au tout depuis une dizaine de matchs. L'amélioration est tout entière attribuable aux performances du désavantage numérique. Le jeu de puissance se promène dans les 27 à 30 chances générées à l'heure, alors que le désavantage est parti de 39 pour descendre autour de 20-23! Une amélioration remarquable.
  • Le club ne joue presque plus avec une avance, mais il ne semble pas se replier exagérément lorsqu'il en possède une, comme en témoigne le léger solde positif aux chances.
  • Là où les choses sont embêtantes, c'est lorsqu'ils se mettent à tirer de l'arrière. C'était une tendance qui m'avait semblé apparente déjà en séries l'an dernier: le club semble "casser" lorsqu'il se fait ramasser. Accident statistique? Sais pas, mais c'est le point sombre de ces tableaux, la dimension qui ne découle pas de simples jets de dés selon moi.

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