dimanche 31 mars 2013

20512: Rangers 0 Montréal 3

L'un des grands intérêts de la communauté des blogueurs s'intéressant au renouveau des stats au hockey, c'est de trouver un indicateur qui permet de séparer ce qui, dans les résultats d'une équipe, est le fruit de la chance de ce qui ne l'est pas. Un des indicateurs les plus populaires est à l'heure actuelle le "Fenwick Tied", nom parfaitement obscur (il s'agit du nom de famille du type qui y a pensé!) s'il en est un.

En gros, on prend tous les tirs au but et les tirs manqués générés à forces égales lorsque le score est égal et on fait la part qui revient à une équipe donnée. Exercice fastidieux s'il en est un, on doit encore ici remercier Gabriel Desjardins d'avoir programmé le bidule sur son site Behindthenet.ca. Faut savoir qu'au moment d'écrire ces lignes, le CH est en très bonne position:

Le CH a eu de très belles séquences sous Jacques Martin, notamment en 2010-2011, alors qu'il avait terminé dans le top-10 de la ligue selon cet indicateur. L'équipe de l'époque partage avec l'édition actuelle une part importante de ces joueurs qui constituent encore aujourd'hui la colonne vertébrale du club. Là où l'édition actuelle se distingue par contre de celle d'il y a deux ans, c'est dans le côté "chance", entendre par là que le caractère fortement aléatoire du sport joue présentement en faveur des Canadiens, alors que c'était tout le contraire à l'époque. En effet, pour bien distinguer une équipe sur qui le sort s'acharne d'une équipe qui est simplement mauvaise, on doit non seulement regarder sa capacité à déclasser (ou non) ses adversaires aux tirs, mais regarder quel est le taux de réussite de ces tirs au but que prend l'équipe. Ici, une comparaison des années 2010-11 et 2013 est aussi fort instructive:

Encore ici, tout baigne pour Montréal. J'ai surligné certains autres clubs, mais c'est surtout sur les Rangers que je souhaitais attirer l'attention. Après avoir ajouté Rick Nash au cours de l'été, les Rangers sont incapables d'acheter un but. Bien qu'ils soient dans le premier tiers aux tirs vers le filet, leur taux de conversion de 6,8% à forces égales étouffe littéralement leur attaque. Pour référence, le CH avait terminé la saison 2010-11 avec un taux de conversion de 7%. Ça semble infime comme différence, mais sur une saison de 48 matches, on peut parler de 12, 15, voir même 18 buts perdus. Ça ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre et ça explique en grande partie pourquoi les Rangers s'accrochent péniblement au 8e rang de la conférence. Tortorella le sait probablement et espère sans aucun doute que la direction des Rangers garde ça à l'esprit en attendant que la chance finisse par tourner.

Quand même, on voit bien que cette équipe est affectée. Lorsqu'on regarde les tirs et les chances par période, on voit bien que si la domination territoriale est affirmée du côté de New York en première, les choses glissent inexorablement du côté du CH au fil du match.

Un autre élément que les tableaux ci-dessus ne nous montre pas, c'est que le CH n'est pas simplement bon, il semble bien qu'après avoir connu un creux de vague, il soit maintenant reparti de plus belle. La chose me semble particulièrement évidente lorsqu'on sépare les 33 premiers matches en 3 séquences de 11.

Notez tout d'abord comment les ratios de chances de marquer dépassent les ratios de TVF dans la première séquence (55% de chances contre 53% de TVF) pour ensuite retomber à un niveau égal sinon inférieur. À l'échelle d'une saison complète, ces pourcentages finissent généralement par être similaires, mais sur des périodes plus courtes on assiste parfois à des décrochages. C'est selon moi une autre démonstration du caractère partiellement aléatoire du hockey de la LNH. Pendant certaines séquences, les joueurs sont incapables de convertir et passent leur temps à tirer dans les jambières des défenseurs. À d'autres moments, Markov et Subban n'en finissent plus de coller des buts qui ricochent sur ces mêmes jambières. C'est comme ça.

La progression aux pourcentages semble tenir en large partie à une forte diminution des occasions accordées à l'adversaire. En effet, après avoir produit 18 chances à l'heure dans le premier tiers, le CH a vu sa production baisser à 15 chances pour ensuite se stabiliser à 16. Les chances accordées à l'adversaire sont passées, elles, à un peu moins de 13 dans le dernier tiers après avoir tourné autour de 15 pendant 22 matches. Heureuse séquence ou amélioration? On y reviendra dans d'autres billets, mais pour vendre le punch, ça coïncide tout simplement avec la montée en importance du duo Subban/Gorges dans les affectations défensives. Oubliez les points, c'est d'abord et avant tout comme défenseur que Subban est important.

Quelques points sur le match, pour terminer:
  • Plekanec était de garde contre Nash, Stepan et Hagelin. Ça n'a pas été terrible, disons-le poliment. Mais bon, Ryder a collé un but rapide et sitôt que le premier trio des Rangers débarquait, Pleks et ses sbires prenaient leur revanche sur le reste de l'alignement.
  • Desharnais a beaucoup joué contre Richards, ce qui peut sembler un peu contre-productif comme confrontation. Pourtant, le deuxième trio du CH a très bien fait (surtout en 3e) contre celui des Rangers. On comprend mieux le choix de Therrien lorsqu'on regarde les résultats de Desharnais contre Boyle et Callahan. Ce n'est pas tant contre Richards que loin de ces deux-là (et de Nash) que Therrien envoyait son petit centre. Pour avoir vu Desharnais se faire régulièrement neutraliser par le gros Boyle ces dernières années, c'était loin d'être une mauvaise idée. Encore 3 chances à forces égales par Gallagher, qui connaît une année incroyable, faut le répéter. Une seule chance pour Pacioretty, qui tire beaucoup de loin par les temps qui courent. Il a un tir puissant et ça paye de manière récurrente, mais ça semble présentement se faire au détriment de percées dans la zone des chances de marquer. Blessure? Léthargie? Toujours aussi efficace pour transporter la rondelle, par contre: encore 6 entrées de zone en possession de rondelle (à égalité avec... Ryder! On dirait que ce sont maintenant les ailiers gauches qui rentrent la puck... ben coudon.).
  • C'est donc Eller qui se ramassait contre Boyle et Callahan. Faut voir que Lars a fait pas mal de temps contre Richards aussi, mais Therrien l'a graduellement déplacé vers la 3e ligne en deuxième. Outre une séquence contre la 4e ligne, match plutôt brouillon en général. Eller court un peu partout et je pense que c'est dû en partie au fait que Galchenyuk commence à contrôler la rondelle et essayer des affaires (qui ne marchent pas tout le temps, mais on voit que ça va finir par passer). Au fait, dans le cas de Galchenyuk: au cours des 11 premiers matchs, il a obtenu 12 chances de marquer: 8 en entrée de zone, 4 provenant d'un jeu dans la zone offensive. Au cours des 11 matchs suivants, 10 chances, 4 en entrée et 6 en zone. Au cours des 12 derniers matchs (incluant ce soir), 17 chances, 4 en entrée et 13 en zone. Ça ne rentre pas encore, mais il a un bon  tir. Il est en train de tourner le coin, patience.
  • Le duo Boyle/Callahan explique pourquoi Tortorella n'avait pas besoin de Halpern. La contribution de Zuccarello, signé à la place de Halpern, est d'une nature que ne peut fournir le vieux Jeff. Reste que le bonhomme a passé plus de la moitié de la soirée (plus de 70% de son temps de glace des deux premières périodes en fait) contre les deux premières lignes de New York, à qui il a concédé un grand total d'une chance de marquer. +4/-2 aux chances au total en prenant 4 mises en zone offensive pour 8 en zone défensive (Therrien l'envoie prêter main-forte à Desharnais, notamment). Et on l'a eu pour rien pantoute. Y'a des DG qui ont dormi sur la switch.
  • Quoi qu'il y ait probablement une question d'effets de score et qu'ils n'ont presque pas donné de chances de marquer, Subban et Gorges ont passé pas mal de temps à giguer autour de Price lorsque le gros Nash s'amenait sur la glace. Ça en prend des comme ça, des fois.
  • En appui à Desharnais contre Richards, surtout sur des mises en zone offensive, les deux Russes ont fait des dégâts. Faut dire que le trio de Richards est nul à chier en défensive. Comprends pas ce que Torto avait à les envoyer là. Tant pis pour eux, eh?
  • Oh, Natan Beaulieu! Ça venait trop vite pour lui lorsque les deux premiers trios se pointaient (rarement) sur son chiffre, mais autrement ont bien fait contre le fond d'alignement. Beaulieu va être excellent. Parce qu'il n'a ni le côté physique ni l'espèce d'énergie démente de Subban, je doute qu'il devienne aussi bon défensivement, mais il possède un coup de patin exceptionnel et de réelles habiletés avec la rondelle. Ça peut faire un très, très bon défenseur très, très rapidement. Pour l'instant, il va prendre quelques cross-check dans le cou, histoire de prendre la mesure du tempo de la LNH en fin de saison et ensuite on verra l'an prochain.









mercredi 27 mars 2013

20488: Montréal 6 (F) Boston 5

Eh bé.

Incapable d'acheter un but depuis quelques matches, le CH est allé se faire poivrer comme un steak à Boston. Seulement, le pendule est reparti du bon côté: le but de Subban comme celui de Markov n'étaient pas, à mon sens, des chances de marquer. Donc, 5 buts sur 9 chances de marquer à forces égales et encore un bide complet sur l'avantage numérique. Les Bruins m'ont semblé un peu inutilement prudents en troisième, mais reste que c'est un foutu bon club. On se fait éternellement bassiner au sujet de leur grosseur, mais c'est bien la vitesse et l'habileté avec la rondelle qui démarque le groupe de joueurs peuplant les 3 premiers trios de Boston.

  • Plekanec a joué contre Krejci en première, un adversaire qui lui convenait fort bien. Julien a bien vu la chose et a réglé le problème en deux temps, réunissant d'une part Marchand à Seguin et Bergeron, puis envoyant ce trio coller aux fesses de Plekanec en deuxième et troisième période. Ça a donné un match pénible pour Plekanec, Ryder et Gionta, incapables de se dépêtrer de ces couvreurs encombrants. Reste qu'à travers les craques et entre les changements de trios, ils ont saisi les opportunités et Ryder en a mis deux. Après avoir passé la dernière semaine à taper dans les jambières des gardiens adverses et à faire tintinnabuler les cadres des buts, ça a dû lui faire un petit velours.
  • Desharnais, qui souffrait mille morts contre Bergeron en première, a donc hérité de Krejci, Horton et Lucic. C'était heureux et ils ont réussi à coller quelques chances, en plus d'un but, sur une belle récupération de la petite crapule à Gallagher, profitant d'un tir que Seidenberg a décidé de bloquer avec sa face. Ramasser une rondelle en plein visage pour ensuite voir le sourire fendant de Gallagher qui célèbre un but, ça doit donner des envies de meurtre. Therrien n'a donné que trois mises en zone défensive à DD. On comprend que si un entraîneur donne 9 mises en zone offensive à un joueur contre 3 en zone défensive, il tente probablement de ne pas distribuer ces 3 mises n'importe comment, l'idée étant que le joueur est peut-être vulnérable. Toujours est-il, Therrien a tenté le coup en deuxième et Julien a ressorti Bergeron et Chara. 20 secondes plus tard, Bergeron rentrait au banc avec le scalp de Desharnais. Pas toujours facile.
  • Match pénible pour Eller. Bien que son trio n'ait pas été trop exposé, ils n'ont jamais beaucoup menacé, seul Galchenyuk collant une chance en 3e période. Bon, quand même, un beau jeu sur le but de Subban, mais, comme je l'indiquais, de cette distance et de cet angle, je ne donne pas une chance de marquer.
  • Le 4e trio a presque fait jeu égal en étant collé aux mises en zone défensive contre les deuxième et 3e lignes de Boston. Intéressant de voir Therrien pousser Blunden dans l'alignement au lieu de Dumont. Il a obtenu une chance, mais autrement, le #45 est resté discret.
  • La défensive tournait à 5 joueurs, Therrien souhaitant épargner Tinordi. Subban et Jorges ont donc moins joué ensemble qu'à l'habitude, mais ont gardé le contre lorsque réunis, collant 4 chances aux Bruins (dont une extraordinaire descente de Subban en 2e) tout en n'en accordant que 2. Surtout, ils n'ont rien donné au trio de Bergeron.
  • Markov et Emelin étaient surtout affectés à Krejci. C'est contre Bergeron qu'ils ont cassé grave. En 2:12 à forces égales, les deux Russes ont fait +0 / -8 aux TVF et +1 / -6 aux chances. Curieux? En fait, lorsqu'un tir au but est immobilisé par le gardien, le compteur de tirs de Boston indique très souvent que le tir a été pris au moment de l'arrêt de jeu. Plus précisément, il donne le  même temps au tir, à l'arrêt de jeu et à la mise en jeu subséquente. Dans les tables de croisement avec le temps de glace, on se retrouve donc avec des tirs envoyés à la fiche des joueurs qui prennent la mise suivante. Ça fait partie des idiosyncrasies de la collecte de données dans la LNH... Toujours est-il, encore ce soir le rideau de fer s'est fait continuellement bruler sur des 2 contre 1. Le système demande au défenseur de "pincher", mais faudra bien un jour que cet ajustement se fasse. Aussi, il était assez sidérant, sur le but de Marchand, de voir les 4 joueurs du CH dans le coin et Marchand complètement seul devant le filet. Cassure catastrophique de la couverture défensive, ce jeu reste une belle démonstration de ce que le CH applique habituellement avec succès comme tactique défensive: en collant 4 joueurs sur la zone où se trouve la rondelle, l'adversaire a normalement beaucoup de difficultés à conserver la rondelle pour ensuite compléter une passe. Mais quand ça casse, ça casse fort.
  • Tinordi n'a presque pas joué et Bouillon a fait la chaise musicale avec les 4 autres défenseurs. Ça ne doit pas être évident de ne jamais jouer avec le même partenaire et jamais du même côté (à droite avec Tinordi et Gorges, à gauche avec Emelin et Subban...). Que Bouillon, dans les circonstances, n'ait pas l'air d'un imbécile heureux montre que s'il est au crépuscule de sa carrière, il sait encore se rendre utile. Quand même, à regarder Bouillon et Gorges tuer la seconde vague d'avantage numérique, je ne peux m'empêcher de trouver que le CH ne veut *vraiment* rien savoir de Kaberle.








20480: Montréal 0 Pittsburgh 1

L'équipe traverse une séquence fascinante. Incapables d'acheter une victoire contre Buffalo, ils viennent de se faire refaire le coup par Pittsburgh, à une exception près: après avoir dominé le jeu au cours des deux premières périodes, le CH a vu la bande à Crosby reprendre le contrôle du match en 3e période. Ne vous laissez pas abuser par les tirs vers le filet en 3e, les Penguins n'ont jamais laissé la chance au CH de menacer Vokoun comme ils l'avaient fait avec Fleury.

Il semble bien que ce revirement en 3e soit essentiellement attribuable à un changement de tactique des Penguins, qui ont réussi à mieux fermer le centre. Parce qu'aux confrontations, ça n'a pas bougé du match. Bylsma avait une idée claire sur les confrontations qu'il recherchait et Therrien a décidé de rouler avec les coups en s'assurant de ne pas envoyer indûment ses éléments plus vulnérables à l'abattoir: des 16 mises en jeu prises en zone du CH à forces égales, 6 ont été prises par Plekanec, 5 par Halpern, 3 par Eller et deux par Desharnais.
  • Plekanec a eu Sutter, Kennedy et Cooke dans les jambes tout au long de la soirée. Ils ont réussi à lui faire quelques soucis en zone défensive et ça n'aura pas donné beaucoup de chances au total. Ryder a quand même touché le poteau et ensuite la barre horizontale, cumulant 5 chances de marquer, dont une en toute fin de match, à 6 contre 5, sur ce jeu truqué combinant un tir de la pointe à une déviation juste devant le filet...
  • Therrien a envoyé Desharnais prendre une mise en zone défensive dès sa deuxième présence en première période. Plekanec venait de terminer un chiffre contre Sutter et la 4e ligne n'avait pas encore vu de glace. Bylsma a plutôt envoyé Crosby et Letang. Therrien a compris le truc et s'est ensuite abstenu de donner quelque mise en jeu en zone défensive que ce soit à DD. Jusqu'en troisième, en fait, alors que Therrien, voyant Crosby terminer une longue présence par un arrêt de jeu en zone adverse, a décidé de retenter le coup. Manque de pot: alors que Desharnais s'amenait sur la glace avec ses sbires, les arbitres ont annoncé la pause publicitaire. S'étant déjà commis sur un changement de trio, Therrien a dû se résigner à voir Crosby bénéficier d'un beau deux minutes pour reprendre son souffle et d'une deuxième mise en jeu en zone offensive contre Desharnais. Pas de dégâts, mais l'épisode illustre à quel point les deux entraîneurs se sont surveillés tout au long du match. Au total, Desharnais a bien fait, dominant Crosby +14/-4 aux tirs vers le filet, +5/-2 aux chances de marquer à 5 contre 5.
  • Eller a partagé ses présences entre Crosby et la 4e ligne des Penguins. Contre Crosby, c'était pénible, avec notamment deux mises en zone défensive dues à des dégagements refusés. Contre la 4e, c'était relativement facile. Quoiqu'on a eu droit à quelques beaux élans, Galchenyuk et Eller m'ont semblé erratiques, entre deux chaises même. Le problème n'était pas fondamental, on voyait bien qu'ils étaient capables d'arracher la rondelle à l'adversaire et d'en garder le contrôle. Mais c'est dans les choix de jeu en possession de rondelle qu'on les a vus échapper la pédale d'embrayage en tentant plusieurs petites passes arrière en montée au centre de la patinoire. Les passes arrière, dans le coin, le long de la bande en zone offensive, c'est très bien. En plein milieu de la glace, avec Crosby qui te court après, c'est une autre histoire.
  • Halpern est rapidement tombé dans l'oeil de Therrien, qui l'a continuellement envoyé dans les pattes de James Neal (qu'il a presque complètement neutralisé). Le vieux Jeff s'est aussi retrouvé à prendre des mises en jeu en zone offensive en fin de match avec Desharnais et Pacioretty, mises qu'il a toutes remportées. Halpern est ce genre de joueur discret, versatile et efficace qui peut être extrêmement utile à un entraîneur qui, comme Therrien, aime donner des rôles de "protection" à ses spécialistes. Je ne sais pas trop ce qui a bien pu convaincre les Rangers de s'en départir, mais si le bonhomme a encore dans le corps ce qu'il avait il y a deux ans lors de son précédent passage, c'est une acquisition fantastique que vient de faire Bergevin.
  • La bonne tenue de Desharnais contre Crosby est en partie attribuable à la protection territoriale, mais elle a aussi beaucoup à voir avec le fait d'avoir passé 60% de son temps avec Subban et Gorges. Ces deux-là ont partagé leur temps entre les trios de Crosby et Neal, conservant l'avantage aux chances comme aux tirs peu importe l'adversaire.
  • Markov et Emelin ont pris Crosby en charge un peu plus souvent que Subban et Gorges et, absent le #87, ont eu à faire la garde contre Sutter. Presque sans bavure contre Crosby, mais plus pénible contre Sutter, contre qui ils ont déboulé les marches à quelques reprises.
  • Tinordi et Bouillon ont été tenus loin du top-6 des Penguins. Hélas, il a suffi d'un changement un peu foireux pour que Tinordi, échappé contre Crosby, se fasse traverser par ce dernier. Résultat? Entrée de zone en coup de vent hors l'aile de Crosby, Tinordi débordé, Crosby qui coupe agressivement vers le centre de la zone et bat Price en décroisé. C'est la vie, ça arrive, mais quand même: Tabarnak.









samedi 23 mars 2013

20460: Montréal 1 Buffalo 2

Les Sabres jouent le jeu que jouait le Canadien au cours des séries du printemps 2010. C'est frustrant au possible lorsqu'on est du côté de la meilleure équipe, mais c'est une stratégie qui peut marcher lorsque l'arbitrage se relâche. Et ce qu'on a vu ce soir, c'est une suite ininterrompue d'accrochages, d'obstructions et autres interférences concentrées dans la zone des chances de marquer.

Ça a semblé finir par déconcerter une partie de l'équipe, du moins une partie du personnel d'attaquants. La production de chances de marquer s'est graduellement tarie et en troisième, bien qu'après le but de Ryder les choses se soient un peu replacées.

  • Outre un chiffre où il fut surpris par le trio de Vanek dans son territoire, Plekanec a mené la charge tout au long du match. Des trios du Canadien, c'est le sien qui s'est le mieux ajusté aux tactiques des Sabres, contrant l'obstruction et l'accrochage systématiques par un usage accru des échanges rapides de rondelles avec les défenseurs.
  • Desharnais et ses sbires ont produit une quantité astronomique de tirs vers le filet, mais peu de chances, 3 lorsque réunis. L'acharnement de Desharnais est admirable et il a obtenu deux chances de marquer ce soir, mais quelqu'un devra un jour lui demander de tirer un peu plus souvent. Encore ce soir, c'est au moins deux chances de marquer que je l'ai vu ignorer au profit d'une passe. Pacioretty et Gallagher s'arrangeront bien avec les retours.
  • Eller s'est énervé en deuxième, perdant la rondelle à deux reprises dans le haut de la zone pour ainsi laisser les Sabres se sauver avec la rondelle. La deuxième occurrence aurait pu coûter cher, parce que ça a débouché sur une chance de Vanek. Alors que les autres centres usaient du jeu de passe, Eller tentait de tourner autour de l'enclave avec la rondelle, ce qui ne fonctionne jamais. Un ajustement à faire, éventuellement. Toujours est-il, le grand Danois semble avoir un peu perdu ses marques après cet épisode. C'est fort dommage, parce qu'Armstrong et surtout Galchenyuk jouaient un fort match. Le grand Galchenyuk s'approche tranquillement, ça fait quelques matchs en ligne qu'il colle des chances de marquer. Pour un type qu'on nous annonçait fabricant de jeu, il est drôlement complet. Et quelques belles actions en repli, en prime.
  • Ce genre de match ne laisse que peu de place à un 4e trio comme celui que constitue Dumont avec Moen et Blunden. L'arrivée d'Halpern est une bénédiction pour Therrien, qui va avoir un centre défensif sous la main dès mardi à Pittsburgh.
  • Un autre fort match pour Subban et Gorges. Intéressant de voir Therrien envoyer Markov et Subban en fin de match. C'est plutôt rare, mais c'est une corde à son arc qu'il utilise par moment.
  • Aucune mise en jeu en zone défensive pour les deux Russes. Ils ont quand même déboulé les marches à une reprise, débouchant sur une chance de marquer, mais autrement l'avantage aux tirs et aux chances était massif.
  • Si les deux premiers duos semblent maintenant utilisés contre le top-6 adverse et non contre un trio en particulier, Tinordi et Bouillon sont soigneusement collés au deux dernières lignes. J'ai peut-être la berlue, mais il m'a semblé que Bouillon a passé au moins les deux premières périodes à droite, ce qui indique qu'on a décidé de donner une chance à Tinordi de son côté naturel? Parfois c'est simplement qu'on veut s'assurer d'une confrontation (ex: on veut que le gros #42 soit du côté de Hetcht et Foligno).








vendredi 22 mars 2013

20444: Montréal 5 Islanders 2

Je ne parle que rarement des gardiens de but pour deux simples raisons. Depuis les débuts de ce blogue, le CH n'a jamais eu de problèmes de gardien de but, tout au plus une certaine "rivalité" Price-Halak la première saison. Cette rivalité ne m'intéressait pas parce qu'à mon sens, les deux étant de très bons gardiens, il m'indifférait de savoir qui allait garder les buts un soir donné. Depuis la saison 2010-11, Price est seul maître à bord et il est un modèle de constance. Ça réduit donc passablement le champ des possibles du discours, disons.

Je souligne ça parce que contre les Islanders, Price à connu une des séquences les plus remarquables que j'aie vue de la part d'un gardien du CH. Au cours d'un désavantage numérique en deuxième période, les Islanders ont collé 8 chances de marquer, toutes stoppées par Price. La chose est d'autant plus impressionnante que ces chances étaient toutes des tirs du pas de la porte des buts et qu'elles sont toutes venues en paquets de deux: 6:58 et 6:57, 6:31 et 6:27, 6:14 et 6:13, 5:46 et 5:45. Les deuxièmes chances, c'est-à-dire celles qui viennent 3 secondes ou moins après une chance précédente, ont un taux de conversion de loin supérieur aux chances orphelines (quelque chose comme 25% au lieu de 15%, si ma mémoire est bonne).

De fermer ainsi la porte quatre fois plutôt qu'une était donc un exploit peu courant. Il est bon, le diable. Et c'est une bonne chose, parce que 5 buts sur 12 chances de marquer, ça n'est pas un ratio terriblement facile à reproduire. Ils ont battu les Islanders mais ils en ont quand même arraché. Ils sont bons, la bande à Tavares.


En deuxième, on a vu Eller prendre deux présences avec Pacioretty et Gallagher alors que Desharnais se retrouvait entre Dumont et Galchenyuk. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, mais ça m'a laissé l'impression que Therrien cherchait à contrer le fait que Capuano semblait tenter de coller Tavares dans les jambes de Desharnais. Je peux me tromper, mais c'était curieux comme passe d'armes.
  • Match intéressant de la part de Plekanec, quoique peu fructueux. Ryder s'est laissé aller à faire de la dentelle en première, passant outre une splendide chance de marquer pour plutôt tenter la passe à Plekanec. Revirement, but Islanders. Reste que Ryder a collé 2 chances et 5 transports et m'a généralement semblé prendre charge en zone neutre et en zone offensive. Il me semble vraiment à l'aise à l'aile gauche.
  • Le tour de passe-passe en deuxième (alors que ce trio n'a pas joué deux minutes ensemble) montre que Therrien était quelque peu embêté et a semblé les utiliser avec plus de circonspection jusqu'à ce que le score tourne résolument en faveur du CH.
  • Après avoir commencé avec Armstrong, Eller et Galchenyuk ont accueilli Dumont sur leur trio en deuxième. Brouillons par moments avec Armstrong, ils ont quand même fait jeu égal, Galchenyuk collant 3 chances. Avec Dumont, les choses se sont un peu gâtées, le trio faisant quelques belles percées, mais sans plus.
  • En fait, Therrien semble avoir commencé par tester Dumont avec Galchenyuk et Desharnais en deuxième pour ensuite se raviser et réunir sa bonne vieille 4e ligne. Si Moen, Dumont et White ont bien fait, c'était surtout contre les deux derniers trios avec une mise en zone défensive contre Nielsen. Lorsque Armstrong est venu rejoindre les deux autres, ils se sont alors trouvés à jouer rarement, mais plus de 50% de leur temps de glace était contre Tavares ou Nielsen. Discrets, mais Therrien semble avoir de la misère à se passer d'eux.
  • Subban était en feu et Gorges à suivi sans se poser de questions. Réunis, ils ont fait +19/-4 aux TVF et +4/-1 aux chances. +9/-1 contre Tavares. Beau premier duo de défenseurs.
  • Emelin et Markov en ont bavé contre Tavares et Nielsen, +0/-7 aux TVF et +1/-2 aux chances contre Tavares. Ben ouais, j'ai une chance de Plekanec qui tombe tout juste avant une mise en jeu, avec 17 secondes d'écoulées en deuxième. Le marqueur ayant mis le tir, l'arrêt de jeu et la mise en jeu subséquente à 17 secondes du début de la période (j'ai noté ma chance à 15 secondes), le TVF tombe dans la besace d'Eller, qui prend la mise suivante. C'est la vie. Reste que Markov et Emelin ne l'ont pas eue facile. Ça fait deux fois en trois matchs, alors on va dire que c'est une mauvaise séquence, mais j'ai ma petite voix intérieure qui me parle de leur lenteur... En tout cas, tant que Diaz ne revient pas (et il n'a pas encore chaussé les patins), rien ne bougeras.
  • Bouillon et Tinordi ont eu à jouer contre Nielsen et s'en sont fort bien tirés. Le grand Tinordi est plutôt rapide pour un gars de sa taille et c'est intéressant de le voir occuper l'espace et surtout utiliser son bâton. Comme style de joueur, ça n'est pas tant Hal Gill qu'un genre de très très grand Gorges. Drôle de bonhomme. Quand même, il est à sa place dans la LNH. On dirait bien qu'encore une fois, j'ai eu tort de douter de Trevor Timmins.








mercredi 20 mars 2013

20433: Buffalo 3 Montréal 2 (P)

Buffalo n'a pas un très bon club, disons. Après avoir collé deux buts sur trois chances en première période, les Sabres se sont terrés autour d'Enroth, passant l'essentiel des deux périodes suivantes à se comporter comme s'ils étaient terrorisés de s'approcher de la ligne du centre.

 En effet, s'ils ont tenu le CH aux TVF et aux entrées en possession en première période, les données à forces égales du reste du match ont quelque chose de grotesque. Reste que la blessure subie par Vanek (qui a essuyé un tir frappé ami en deuxième) n'a pas dû aider non plus.

Ron Rolston (ça fait bizarre de ne plus voir Lindy Ruff) a choisi de travailler d'une façon qui rappelle celle de Therrien, mais en plus extrême: Hodgson, Ott et Pomminville, son premier trio, on été de 8 mises en zone des Sabres contre une seule en zone du CH. Idem pour Stafford, Kaleta et Hecht, qui ont pris 3 mises en zone défensive et aucune en zone offensive. Les deux autres trios se sont partagé la maigre pitance de mises en zone offensive laissée par le CH.

  • Faire le dos rond face à Plekanec, ça n'est jamais l'idée du siècle. Therrien ne semblait pas chercher à le coller à qui que ce soit, plutôt à lui donner son tour. Je me demande s'il n'y avait pas là, du moins en première période, une façon de le garder disponible pour les mises en zone défensive en l'absence de l'habituel 4e trio. Qu'importe; après avoir pris 3 mises en zone défensive en première, ce trio n'en a pris qu'en zone offensive à partir de la deuxième. Ryder et Gionta ont tous deux collé 4 chances à forces égales, 3 entrées de zone pour Ryder et 6 pour Gionta. Plekanec n'a qu'une entrée de zone mais quiconque a regardé le match sait qu'il a constamment maraudé, coupant jeux après jeux. Mais ça ne voulait pas rentrer.
  • Desharnais héritait de la balance de la poussée territoriale à partir de la deuxième période. Jouant surtout contre Vanek, Leino et Ennis en première, ils se sont fait coller deux buts et n'ont jamais pu tenir la zone adverse (le premier but est survenu suite à une mise en zone offensive). De toute évidence vexé, Martin (woups, Therrien!) ne les a ramenés à forces égales qu'à partir de la dernière partie de la deuxième période. La machine a redémarré en 3e: but de Pacioretty, deux chances de Gallagher et beaucoup de temps passé à malmener les Sabres, +21/-5 aux TVF, +6/-1 aux chances dans le dernier tiers.
  • Eller a pris charge, accaparant 7 des 13 mises en zone défensive accordées aux Sabres. Armstrong, rompu à ce boulot, a semblé s'amuser. Habituellement celui qui transporte la rondelle en zone adverse sur le 4e trio, il a passé la soirée à suivre Eller et Galchenyuk, ce dernier lui servant une splendide passe sur son but. Galchenyuk était d'ailleurs étincelant, deux chances de marquer en plus de quelques très belles poussées (7 entrées de zone, quand même). J'avais cru comprendre qu'il est plutôt un fabricant de jeu, mais le kid a un gun et il s'en sert. À l'image des bons marqueurs, il se sert de son tir puissant pour décocher des lancers du haut de la zone, dans cet espace tout juste au-delà des cercles de mise en jeu. Si ça n'est pas une zone d'où je compte un tir comme une chance de marquer, tous les bons marqueurs savent utiliser cet endroit pour coller quelques buts par saison et rendre les défenseurs adverses plus nerveux. Si un joueur comme Andrei Kostitsyn n'est jamais devenu le marqueur qu'on voyait en lui, je considère que c'est notamment parce qu'il n'a jamais appris à utiliser cet espace, alors que Pacioretty l'a éventuellement découvert.
  • La 4e jouait un rôle effacé ce soir, ne prenant que peu de mises et restant collé à la 4e des Sabres.
  • Subban et Gorges ont pris la majorité des mises en zone défensive de l'équipe, 7 ensembles. De garde contre les deux premiers trios, ils ont bien entendu dominé. La pénalité de Subban en prolongation est enrageante. Indépendamment du bâton élevé, c'est contre la tentative de mise en échec que j'en ai. Subban, lorsqu'il est arrivé dans la ligue, est sorti tout armé de la cuisse de Jupiter. Bien entendu, il faisait des erreurs, mais il a pour ainsi dire dominé dès le premier jour. Sa progression s'est donc beaucoup mesurée à l'aulne d'un patient travail d'épuration de son jeu. Les Spin-O-Rama n'ont pas fait long feu, mais c'est tout un éventail de petits risques inutiles qu'il a graduellement purgé de ses choix. La dernière manie détestable qui lui reste est donc celle qui le pousse à se catapulter contre un joueur en montée. Les partisans aiment le jeu parce qu'il a marché une fois contre Brad Marchand, mais de manière générale la manoeuvre est un échec patenté qui débouche sur un surnombre mené par un adversaire (celui que Subban a manqué) entrant à pleines vapeurs dans la zone du CH. Un jour, PK va arrêter de faire ce maudit "move" de piment. En attendant, c'est bien la seule raison que j'aie de râler contre lui.
  • Ott, Hodgson et Pominville se sont vraiment fait passer à tabac lorsque les deux Russes étaient à la ligne bleue (celle des Sabres, en fait). Comme Subban et Gorges ils se sont fait coller un but, mais c'était sans bavure.
  • Moins de glace pour Bouillon et surtout pour Tinordi, qu'on tassait au profit des aînés, déficit à combler oblige. Je note quand même que Therrien a laissé Les Dépareillés s'aventurer contre la 3e ligne adverse. Tinordi assimile tranquillement des leçons qu'on l'enverra digérer dans la LAH, mais il sera de la LNH plus tôt que tard, c'est l'évidence.