mercredi 30 octobre 2013

20178: Dallas 1 Montréal 2

Pour la première fois de l'année, Therrien a complètement joué les confrontations, assignant chaque trio à des adversaires définis. La chose me semble digne de mention parce que l'an dernier, s'il a usé de ce stratagème pour Plekanec, Therrien a surtout géré ses trios en fonction des mises en jeu. Il avait conservé ce mode d'opération cette saison, quoi de de manière moins suivie, blessures et roulement de personnel oblige. Retournement, donc, ce soir.

Globalement, l'équipe termine lourdement en déficit aux tirs vers le filet: +39/-59 à forces égales. On peut chicaner sur les effets de score, reste qu'ils les ont laissés se promener dans leur zone, ce qui a pu être compensé par un nombre impressionnant de tirs bloqués, soit 26 des 59 tentatives de Dallas. Je suis de ceux qui croient que ce genre de performances est difficile à reproduire et qu'au bout du compte, l'avantage marginal gagné par l'adoption d'une structure défensive favorisant le cumul des tirs bloqués est à terme déficitaire face au temps supplémentaire qu'on laisse à l'adversaire dans sa propre zone.

Je dis ça pour donner un élément de contexte important au score total des chances de marquer, avantageant largement le CH à forces égales, 15 contre 9. De plus, ils n'ont donné qu'une seule chance de marquer suite à une entrée de zone en possession de rondelle. Est-ce que nous sommes en présence d'un patron de jeu défensif délaissant la défensive-blitz du 4-1? Je ne crois pas. M'est avis qu'on est plutôt en présence d'un club qui, sur un deuxième match en deux soirs, a décidé d'en découdre avec son adversaire au fond de la ruelle, loin des lampadaires, au couteau. Pour un club soumis à un incessant échec avant contre San Jose et les Rangers, je peux comprendre le choix.
  • Le trio de Plekanec avait pour mission de couvrir le premier trio de Dallas (Seguin, Cole et Benn), passant plus du deux tiers de son temps contre eux. Ils les ont trucidés, 4 chances contre 0 et, si je ne m'abuse, pas même 5 tentatives de tirs données en près de 10 minutes à forces égales. Magistral. Bournival continue à se faire une place. À ce stade-ci, il n'est plus tant en train de consolider son poste aux côtés de Pleks que de s'acheter de la marge de manoeuvre lorsqu'il baissera de régime. Son émergence ouvre tellement de possibilités à Therrien pour la balance de l'alignement...
  • Eller et les Gally's étaient de garde contre Whitney, Eakins et Chiasson. Eux non plus n'ont concédé aucune chance à leur principale assignation, n'échappant le score parfait du trio de Pleks que d'une chance accordée au trio de Seguin. Galchenyuk semblait plus discret ces derniers temps, mais il s'est fendu contre Dallas de quelques séquences me laissant croire qu'il est en train de remonter en régime. Gallagher semble se distancier de Galchenyuk sur un point; ce dernier est laissé de côté aux mises en zone défensive au profit de White, alors que le petit #11 semble lui affermir et étendre son emprise sur le jeu en zone défensive. Qu'il produise en attaque était déjà fantastique, mais s'il s'avère aussi un contributeur net au jeu défensif...
  • Collés sur le vieux Horcoff, Peverley et Nichuchkin (qui n'est pas encore tout à fait arrivé, mais qui va certainement terroriser la ligue d'ici 40 matchs), le trio de Desharnais était celui de tous les dangers. 4 mises en zone défensive pour une en zone offensive contre leur principal adversaire, ils ont tenu: jeu égal aux tirs et 3 chances collées contre une donnée. Si le gros Bourque et DD ont semblé égaux à eux même, on a vu Leblanc continuer à s'affirmer. Curieux joueur, le Louis. Comme tous les premiers choix, on ne se lasse pas de le suranalyser. Je dirai simplement qu'il me semble à un match ou deux de ne laisser aucune chance à Blunden ou Holland de lui survivre dans l'alignement. Le vrai test, pour lui, viendra lorsque le premier vétéran blessé retournera dans le top-9. Le 71 aura alors, avec White, Blunden ou encore Moen, à s'installer comme challenger d'un poste dans le top-9. Il en est capable, même Prust selon moi n'a pas son flair offensif. Je serais curieux de le voir épauler DD et Pacioretty. Mais pour ça, il devra tasser le gros Bourque. On verra.
  • Therrien disait des jeunes que lorsque les choses se corsent et les erreurs surviennent, certains continuent à pousser alors que d'autres perdent leurs moyens. Bournival a connu quelques matchs discrets, mais continue à offrir de bonnes performances. Leblanc? Trop tôt, attendons encore quelques matchs, il n'a pas encore commencé à trébucher (ça va venir). Holland semble présentement s'effacer. À moins d'un autre coup de freak de la part de Pacioretty, il a encore quelques matchs pour rebondir, sans quoi il partira avant Blunden, limité, mais égal à lui-même. White, pendant ce temps, continue son job ingrat, mais nécessaire. Comme trio, ils ont été courageux, mais, au bout du compte, complètement dépassés.
  • Markov et Subban alternaient entre Whitney et Horcoff. Leurs seuls moments pénibles étaient en compagnie de la 4e. Autrement, tout baignait, Markov se fendant même de quelques belles passes coupées en zone neutre, comme dans le bon vieux temps.
  • Gorges et Diaz étaient principalement sur le cas de Seguin, qu'ils ont aimablement dominé. Parce qu'ils ne font ni montées à l'emporte-pièce, ni jeux coupés en zone neutre (ils n'en ont pas le talent et le savent), ni mises en échec retentissante (ils n'en ont pas la force), ils sont simplement, méthodiquement, continuellement dans les jambes des meilleurs éléments adverses. De fait, ils sont tous deux vifs sur patins, imperturbable sous l'échec avant et consciencieux dans l'utilisation des espaces libres pour gagner du temps. Ça donne l'impression que rien ne se passe et que le jeu est décousu et ça marche, encore et toujours. Les héros obscurs de l'édition actuelle du CH, rien de moins.
  • Murray et Bouillon sont d'un courage physique exemplaire. Mais réuni, le résultat est sordide. 2 tirs tentés par l'équipe en leur présence contre 13 concédés, 4 chances concédées, mais aucune générée. Ajoutons qu'ils jouaient contre Horcoff et Whitney. Esthétiquement, l'identité bien définie de Murray rassure, mais aux chiffres, entre lui, Tinordi et Beaulieu, c'est la même maudite affaire sinon pire.












lundi 28 octobre 2013

20173 Montréal 2 Rangers 0

Je m'intéresse de plus en plus au désavantage numérique. Faiblesse marquée en début de saison, il n'a pas trop souffert des pénalités à répétition, obtenant contribution d'une multitude de joueurs. Curieux de trouver une façon de quantifier un peu plus précisément l'implication des différents joueurs dans cette situation, j'ai pris en note l'identité de chaque joueur ayant sorti la rondelle du territoire ou encore ayant brisé une entrée de zone à sa ligne bleue. Eller, Plekanec et Gionta ont eu 3 réussites chacun, Gallagher, Bournival et Gorges en ont eu deux, Diaz, Markov, White et Murray une chacun. Au total, c'est donc à 19 reprises que le CH a sorti les Rangers de sa zone en 8:18. Pendant ces mêmes 8:18, ils leur ont accordé une chance et en ont obtenu une.

D'un point de vue tactique, le Canadien ne semble pas avoir changé de patron de jeu, utilisant encore (me semble-t-il) la formation "diamant". Les Rangers ne possédant pas un avantage numérique transcendant, on va attendre avant de s'énerver. Dallas et, surtout, le Wild, vont constituer un test plus intéressant.
  • Plekanec et Gionta ont disputé un autre fort match, quoique Gionta a semblé avoir un rare manque au niveau disciplinaire. 6 minutes au banc pour un joueur si important en désavantage numérique, ça n'est pas l'idéal. Bournival les a fort bien accompagnés, le haut fait de sa soirée étant sans contredit la manière qu'il a eu d'enfoncer le bloc défensif établi par les Rangers sur le but de Plekanec.
  • Eller, Galchenyuk et Gallagher ont passé la soirée contre les trios de Brassard et Stepan. Curieux choix de Vigneault, qui a préféré envoyer l'immense Bryan Boyle (centre défensif du club) contre Plekanec. Disposant d'une forte poussée aux mises en jeu, Eller a fait jeu égal aux tirs et obtenu un léger avantage contre Stepan et collé Brassard dans sa zone. Je ne comprends toujours pas qu'on aie accepté le but de Galchenyuk, mais semble que la LNH ne veux qu'interdire les vrais élans, pas les simples déviations. Ben coudon.
  • Pris individuellement, Desharnais, Bourque et Leblanc ont aux chiffres une performance en demi-teinte. Réunis, ils ont été le trio le plus utilisé par Therrien à forces égales (7:25) et s'ils ont accusé un léger déficit aux tirs (+6/-9), ils ont fait jeu égal aux chances. Jouant contre Stepan (premier centre des Rangers) et le gros Boyle, c'est au total fort respectable.
  • Peu de glace pour la 4e qui, contre Brassard comme contre la 4e, a eu de la difficulté à tenir son bout.
  • Markov et Subban m'ont semblé commencer le match tranquillement, mais, au bout du compte, ont terminé ça dans le positif.
  • De garde contre Kreider, Gorges et Diaz ont pris leur habituelle surdose de mises en zone défensive, ont terminé légèrement en déficit aux tirs, mais n'ont pour ainsi dire rien donné, une chance accordée aux Rangers au total, tout comme Markov et Subban d'ailleurs.
  • Bouillon et Murray ont été sauvés par Budaj. C'était particulièrement atroce avec la 4e ligne: ce quintette a, en 2:11, accordé 6 tentatives de tirs, 3 chances de marquer et une entrée de zone en possession de rondelle, n'ont rien généré de positif dans ces 3 catégories, le tout en obtenant 3 mises en zone offensive. C'est catastrophique, mais Murray ne peut que s'améliorer et si tant est que la faiblesse du club se concentre sur la dernière paire de défenseurs et le 4e trio, le tout reste possible à gérer.









dimanche 27 octobre 2013

20157: San Jose 2 Montréal 0

C'était le premier grand test de la saison et le CH a mangé ses bas. Ils ont résisté âprement, ont même donné du fil à retordre aux puissants Sharks par moment et ces derniers ont marqué un but chanceux (et deux poteaux, quand même). Mais San Jose a contrôlé le match. Après les avoir tenus en échec aux chances à défaut du temps de possession, le CH a fini par les échapper en 3e et se sont fait rétamer. Reste que l'alignement actuel est encore un work in progress marqué par un désir manifeste d'expérimentations de la part du personnel d'entraîneurs, désir suscité en partie par l'épidémie de blessures qui assaille l'équipe.

Le CH a affronté un excellent et deux très bons avantages numériques cette semaine en Edmonton (96 tentatives de tirs / heure), Anaheim (105/60) et San Jose (127/60). En 14:20 passés en désavantage numérique, le CH leur a accordé 16 tentatives de tirs (67TVF/60) et deux petites chances de marquer. Lorsqu'on regarde le personnel utilisé, le seul changement significatif me semble être la disparition de Tinordi, remplacé par Bouillon:



Si ce dernier et Markov ont fait un joli travail, je reste dubitatif quant à la possibilité que ce soit la cause de ce rebond tout de même remarquable. Les entraineurs ont-ils enfin trouvé les bons ajustements tactiques? À regarder le CH aller hier contre les Sharks, on utilise encore la formation "diamant" (un joueur sur la pointe, un devant le filet, deux joueurs aux extrémités des points de mise en jeu), alors on doit bien parler d'ajustements et non de changements drastiques.

Le Colorado et les Rangers ne semblent pas posséder des avantages numériques hors-normes, alors que Dallas et le Wild du Minnesota en ont de très bons, la semaine qui s'en vient est donc un bon test. Au fait: on parle beaucoup de l'Avalanche et de Patrick Roy, mais comme je l'indiquais dans ma chronique sur le site LNH.com il y a une semaine, cette équipe carbure aux pourcentages et est appelée à s'effondrer si elle n'arrive pas à augmenter son jeu de possession. Le vrai test de la semaine, c'est le Wild, probablement l'équipe la plus sous-estimée de la LNH à l'heure actuelle.

  • Gros match pour le trio de Plekanec. Braqué sur Couture, Marleau et Kennedy, ils les ont tenus en joue, du moins jusqu'à ce que Couture glisse une rondelle dans un filet désert sous le nez de Pleks. Ils ont quelque peu trébuché contre Thornton, mais globalement sont demeurés menaçants, à défaut de se rendre à générer des chances. On les sentait prudents, forcément. Bournival n'en finit plus de m'étonner, il semble parfaitement à l'aise dans ce rôle, bien plus que Bourque ne l'était. Le gros 17 vient de perdre sa place dans le top-6, une bonne fois pour toute. Quelqu'un avait vu ça venir en début de camp?
  • Therrien a semblé vouloir coller Eller à Thornton alors que McLellan semblait plutôt chercher à envoyer Pavelski contre le grand Danois. S'ils se sont débrouillés contre Thornton, c'était plus difficile contre Pavelski.
  • Desharnais a mangé sa gratte contre Pavelski. Ayant perdu Moen en cours de match, Therrien a essayé Holland à la droite de DD, ce qui n'a vraiment pas bien tourné. La réunion White/Desharnais, en fin de match, est intéressante; ces deux-là on écumé la LAH à l'époque en compagnie de Brock Trotter. On verra ce que ça donnes à l'usage (Moen semble KO pour un moment). Quand même, Pavelski après Getzlaf et Nugent-Hopkins, on ne peut pas dire que Therrien a cherché à utiliser l'avantage de la patinoire pour protéger Desharnais. Va falloir vivre avec en attendant Pacioretty et espérer que Price continue à sauver la mise.
  • Intéressant de voir la 4e aller. Rien de très bon au final même si c'était contre la 4e des Sharks, mais rien de catastrophique non plus. La blessure de Moen donnes une autre vie à Holland.
  • Drôle de match pour le premier duo de défenseurs. Responsables de 6 des 12 dégagements refusés au club et plutôt enterrés aux tirs, mais ils ont gardé le contrôle aux chances. Vaguement assignés à Thornton, quoi que je soupçonne Therrien de ne pas jouer trop fort sur ce levier avec sa défensive. La chose s'explique, me semble-t-il, par le fait qu'on joue pour l'essentiel à 5 défenseurs. Subban voit d'ailleurs sa fiche décrocher lorsqu'il se pointe avec Bouillon, conséquence inévitable de la protection à accorder à Beaulieu.
  • Gorges et Diaz sont ceux qui ont des tâches précises en matière de couverture défensive. Excellents en désavantage numérique (comme l'indique le tableau ci-haut), ils étaient de garde contre Couture/Marleau/Kennedy avec Plekanec.
  • Beaulieu et Bouillon ont mangé leurs bas; +5/-13 aux TVF lorsque réunis et un autre +2/-9 pour Bouillon sans Beaulieu. Ça ne tient pas, tout simplement. Murray va avoir sa chance. Joie.








vendredi 25 octobre 2013

20142: Anaheim 1 Montréal 4

Parce que personne ne s'est blessé pendant le match et parce que les Ducks ne semblaient pas aussi bons que leur fiche le laissait entendre, ce fut un match relativement simple.
  • Match sans failles du trio de Plekanec. 5 chances collées aux Ducks à forces égales et 9 entrées de zone en possession de rondelle pour le CH lorsque ces trois joueurs étaient sur la glace. Plus encore, en un peu moins de 9 minutes passées ensemble, ils n'ont laissé les Ducks entrer dans leur zone en possession de rondelle qu'une seule et unique fois et ne leur ont accordé qu'une seule et unique chance. Alors comme ça Bournival est capable de faire la garde sur le trio de minutes dures?! Il est certainement plus versatile et incisif dans ses actions qu'un joueur comme Bourque.
  • Le trio des jeunes a encore eu quelques belles séquences, mais, au total, termine un peu dans le rouge. Couverts principalement par le premier duo de défenseurs des Ducks, semble que les deux entraîneurs se soient entendus sur la confrontation Eller - Koivu.
  • Desharnais a joué le tiers de son temps contre le trio de Getzlaf et il y a coulé comme une roche. Je reste extrêmement surpris de le voir continuellement passer du temps contre les meilleurs joueurs offensifs à domicile, où Therrien a le contrôle du dernier changement. C'est donc dire que le coach a pris son parti de la chose. Je ne sais pas combien de temps encore tout ça peut durer. Va-t-on laisser les choses en place en attendant Pacioretty?
  • Ça m'a semblé commencer graduellement depuis quelques matchs, mais c'est maintenant clairement établi, Ryan White est désormais utilisé comme l'était Jeff Halpern l'an dernier: 1 mise en zone offensive, 11 en zone défensive. Mais une seule de ces 11 mises en zone défensive fut prise avec Blunden et Holland. Il en a pris 3 avec Galchenyuk et Gallagher, 3 avec Eller et Gallagher, et une avec chaque duo suivant: Blunden/Gallagher, Desharnais/Moen, Bournival/Holland, Plekanec/Gionta. Le gars a un rôle et ce n'est pas celui de policier. Blunden est égal à lui-même et Holland m'a semblé beaucoup plus à l'aise. Il semble passablement frêle, mais il est rapide et il semble vraiment savoir où se mettre, ce qui ne m'avait pas semblé évident à le regarder jouer dans la ligue Américaine l'an dernier. Le fait est que le jeu est beaucoup plus structuré dans la LNH et Holland est un joueur cérébral. Ceci explique peut-être cela, mais il est encore tôt.
  • Assigné à Corey Perry, les deux premiers défenseurs du CH ont eu quelques moments de flottement, mais on doit regarder du côté du score.
  • Diaz et Gorges avaient à trainer contre Getzlaf et l'ont amorti sans broncher. Ils ne sont pas gros, ils ne sont pas spectaculaires, mais ils sont une des belles originalités du règne Therrien. Jamais je n'aurais cru que ces deux défenseurs formeraient le duo défensif attitré du CH. Et ils le font très bien.
  • Beaulieu et Bouillon ont mangé leurs bas. Ça a tenu contre le trio de Koivu (leur assignation), mais Corey Perry les a mangés tout rond et la 4e leur a donné du fil à retordre. L'apprentissage/audition continue.










jeudi 24 octobre 2013

La deuxième période

Arpon Basu a fait une remarque intéressante sur Twitter, suivant la défaite du CH contre les Oilers:


Y a-t-il lieu de s'inquiéter? Les buts sont, même à l'échelle d'une demi-saison, des bêtes capricieuses à évaluer. Des 6 buts évoqués par Arpon, j'en ai 66 dans mes bases de données (je les construis à partir des feuilles de "play-by-play" et des feuilles de temps; il arrive parfois que ces feuilles ne soient pas à jour). Toujours est-il, lorsqu'on regarde la distribution des buts accordés en deuxième période depuis le début de la saison 2011-12, on constate qu'il y a deux pistes d'explications.

Premièrement, l'effet du score, entendre par là que l'équipe étant améliorée, elle passe plus de temps avec une avance de 2 buts ou plus. Les équipes de la LNH tendent à se replier dans un cocon défensif dans ces situations et vont alors donner plus de chances à leurs adversaires.

Une deuxième piste d'explications se trouve dans le désavantage numérique. Avec 23 buts accordés en 57 matchs, on est déjà loin des 17 accordés en 82 matchs par l'ancienne édition.



Effet de score ou manque de cohésion?

Le premier tableau ci-dessous nous indique que lorsqu'on s'attarde aux seuls différentiels de chances de marquer à forces égales, l'équipe actuelle semble afficher un léger recul par rapport à celle de l'an dernier tout en conservant un net avantage par rapport à celle de la saison 2011-12. Quand même, ça confirme ce qu'a indiqué Basu: cette saison, les différentiels de chances plongent en deuxième période. Ils remontent de plus belle en troisième, alors que les deux éditions précédentes commençaient les matchs en lion pour ensuite voir leur avantage diminuer, si ce n'est se transformer en déficit.


On sait que les équipes qui prennent les devants par au moins deux buts tendent à se replier. La question à laquelle le tableau suivant vise à répondre est la suivante: est-on en présence d'un effet de score? On y constate que l'édition actuelle passe pas mal moins de temps à forces égales avec le score serré (66% du temps contre 75% pour l'édition d'il y a deux ans). Cette tendance est constante sur les 3 périodes.

Mais que se passe-t-il, au fait, lorsque le score est serré à forces égales? Le tableau suivant donne une drôle de réponse: en première et en troisième période, l'édition actuelle du CH domine comme aucune des éditions précédentes n'a dominé. Mais en deuxième période? Effondrement encore plus spectaculaire au différentiel des chances! Avec 9 matchs disputés, le détail du calendrier récent et des blessures a son importance, mais quand même, le côté "montagnes russes" a de quoi surprendre et l'idée selon laquelle l'équipe tend à perdre le nord en deuxième se confirme, peu importe le score.


Reste que, pour revenir à la question de l'effet de score, on peut quand même souligner une chose: l'équipe actuelle, comme en fait foi le tableau précédent, commence ses matchs en force. Elle joue donc beaucoup plus souvent avec une confortable avance, et ce, dès la première période. Le tableau suivant nous montre en fait qu'elle se détache des précédentes éditions pour les deux premières périodes. Probablement rattrapée par ses mauvaises performances en deuxième, son avance se tasse en 3e.


Le tableau suivant montre que si l'édition actuelle domine aux chances avec le score serré, avec deux buts d'avance, elle ne semble plus pousser. Le différentiel de -26,1 chances par 60 minutes est trompeur. Sur 16 minutes disputées avec l'avance, il y a eu quelques séquences de 4 contre 4 au cours desquelles l'équipe a fait +1/7 aux chances. Reste qu'on voit la propension de l'équipe à casser aux chances.


Il y a lieu de s'interroger: est-ce que l'équipe se replie trop? Est-ce qu'elle devient au contraire trop agressive et perd son unité d'ensemble? C'est à surveiller dans les prochains matchs. Il me semble évident que si les contre-performances en deuxième période aux buts accordés étaient le signe d'un problème structurel, on verrait la chose se confirmer sur les 3 périodes depuis l'an dernier (l'équipe étant essentiellement la même depuis que Therrien l'a prise en main). Or, il n'en est rien. Au contraire en fait, à forces égales et avec le score serré, hors de la deuxième période l'équipe semble présentement supérieure à l'an dernier! Faudra voir à quoi ça ressemble après Noël, mais on ne doit pas trop paniquer avec ça pour l'instant.

Le désavantage numérique

L'autre problème qui guette le Canadien est beaucoup plus inquiétant. Le plus grand nombre de buts accordés en désavantage numérique sous le règne de Therrien correspond en effet à une baisse marquée des performances aux chances accordées à l'adversaire. Le tableau suivant montre que le trou creusé est, cette saison, particulièrement profond en deuxième période. Mais plus inquiétant encore, les choses semblent se détériorer depuis l'an dernier. Déjà qu'on avait alors une augmentation de 50% du nombre de chances accordées par heure jouée...


Le trou de la deuxième période est donc accentué par la médiocrité du club en désavantage numérique. Cette médiocrité, on le constate dans le tableau suivant, est d'autant plus nuisible qu'elle croise le chemin d'une extrême indiscipline manifestée par les troupes du CH en deuxième période. En effet, le temps passé en avantage numérique ne représente désormais que 67% du temps passé en désavantage numérique. 

La mesure est quelque peu bancale, peut-être le portrait est-il moins sombre si on prend les pénalités subies (je n'ai pas ce décompte sous la main pour l'instant) au lieu du temps écoulé. Reste que ce problème de discipline nous aiguille un peu plus selon moi vers un club qui, lorsqu'il prend les devants, devient trop agressif et désordonné.


mercredi 23 octobre 2013

20132: Edmonton 4 Montréal 3

Quel match fascinant. Parce que le Canadien a commencé fort et s'est ensuite fait remonter, mais aussi parce qu'il traîne quantité de blessés, la tentation est grande de dire qu'ils ont écrasé et se sont fait ramasser.

En fait, ils ont bel et bien dérapé en deuxième, écrasant complètement aux chances de marquer (+2/-7 à 5 contre 5 et +2/-1 à 4v4). Fait encore plus fascinant, sur les 54:48 minutes disputées à forces égales, 6 l'ont été à 4v4. Le CH s'y s'est fait éviscérer, +6/-11 aux tirs, +4/-7 aux chances. On a donc un match qui s'est disputé sur 3 plans à forces égales, le CH se faisant planter sur deux plans (5v5 en deuxième et 4v4 tout au long du match). En fait, lorsqu'on constate en plus qu'à 5v5, 8 des 12 chances concédées aux Oilers l'ont été sur des séquences d'entrées de zone et non pas sur du jeu territorial, on doit bien constater que la cohésion entre attaquants et défenseurs n'était pas au rendez-vous sur les replis défensifs.

Ceci étant dit, c'était intéressant de regarder Eakins aller. J'ai vu passer l'autre jour (est-ce à RDS?) un commentaire selon lequel Eakins serait peut-être le prochain Cunneyworth. À le regarder brasser son banc, j'en doute. Au total, il y a eu, à 5v5, 14 mises en jeu en zone des Oilers et 16 en zone du CH. Eakins a donné 3 mises en zone défensive et une en zone offensive à Nugent-Hopkins, centre de son premier trio. Perron, Hemsky et Arcobello ont ramassé la totalité de la poussée aux mises, 12 mises en zone du CH, alors que Boyd Gordon a passé la moppe, 12 mises en zone des Oilers. Ça a imposé des choix difficiles à Therrien, qui n'a probablement pas encore établi ce qu'il allait faire avec le fond de son alignement.

  • Match en dent de scie pour le trio de Plekanec. Quelques très belles séquences en zone offensive, deux buts pour le centre. Mais, les 4 chances accordées aux Oilers à forces égales étaient sur des descentes en zone de l'adversaire, dont une convertie en but. Si on garde en tête que Plekanec a eu l'avantage aux entrées de zone, c'est un bien curieux résultat. Assignations hybrides pour Pleks: beaucoup de mises en zone défensive contre Perron, en couverture contre Nugent-Hopkins. Bournival s'est bien acquitté de sa tâche même s'il est resté discret.
  • Semble que Galchenyuk est protégé des mises en zone défensive, pas Gallagher. Ça me surprend un peu, mais voilà, les chiffres sont là. Eller et ses sbires semblaient principalement collés à Perron/Hemsky/Arcobello, contre qui il a pris 5 mises en zone défensive. La chose était inévitable et ils ont eu de la difficulté à produire des chances de marquer contre leur principale assignation. Ça ne les a pas empêchés de mettre la pâtée au reste de l'alignement des Oilers. Attendrissant de regarder le gros Gazdic essayer d'intimider Gallagher, qui s'est empressé de lui rire en pleine face. Gazdic n'osant pas lui mettre un cross-check en pleine face raide là, il a eu l'air  d'un con. Bienvenue dans le club.
  • Reste que Therrien a donné des mises en zone offensive à Eller pour aller chercher de l'attaque. Ce choix de ne pas donner ces mises à Desharnais l'a exposé à Nugent Hopkins. C'est un choix assumé de Therrien, qui connait ce genre de choses. Desharnais est un vétéran et il joue avec deux ailiers aux états de service reconnus. C'était un risque et ça n'a pas payé.
  • White a fait quelques tours avec Eller pour des mises en zone défensive à la place de Galchenyuk. Je disais de Galchenyuk qu'il était protégé. Peut-être pas, non plus, peut-être que Therrien voulait simplement deux centres avec un droitier pour prendre la mise à la droite de Price. Il adore ce genre de combine. Pas beaucoup de glace au total pour les deux expatriés d'Hamilton. Holland a joué une minute en désavantage, l'endroit où je l'ai remarqué; Tom Pyatt 2.0?
  • Subban et Markov étaient de garde contre le "Nuge". Ça a plus ou moins tenu, Subban se faisant de plus allumer à quelques reprises sur des séquences avec Bouillon. On voyait que ça rentrait un peu vite parfois, ce qui pose une belle question: baisse de régime suite à une série de matchs exigeants sur la route? Mauvais match (entre guillemets, ils ont bien fait)? On vit toujours un peu avec une idée, celle d'une LNH qui se passe le mot et attaque Markov à pleine vitesse pour exposer son manque de mobilité.
  • Si Subban et Markov ont par moment été emmerdés par le trio de Nugent-Hopkins, Gorges et Diaz, qui devaient couvrir Perron et monter la garde en zone défensive, n'ont eux eu aucune espèce de difficulté. Réunis, ils ont fait +20/-5 aux tirs, +3/-1 aux chances, sur +4/-8 mises en jeu.  Ils ont l'air un peu fuzzy certains soirs, mais on parle d'un bon duo de défenseurs défensif, des matchs comme celui-ci nous le rappellent.
  • Beaulieu n'a presque pas joué, appelé à donner quelques appuis offensifs, et c'est tout. Bouillon a eu à prendre des tours de garde contre le trio de Perron, ce qui a tourné en eau de boudin. Ni Beaulieu ni Tinordi ne semblent se démarquer et Therrien ne semble pas avoir envie de les essayer plus qu'il ne le faut. Espérons que le gros Emelin n'est pas si loin d'un retour, parce que je me demande combien de temps tout ça peut tenir.