vendredi 29 novembre 2013

20386: Montréal 2 Washington 3 (F)

13 chances de marquer en 53 minutes de jeu à forces égales, ça n'est pas énorme. Ajoutons à ça un triple vol de Holtby sur Markov en avantage numérique...
  • Brière a joué jusqu'en troisième avec Plekanec, signe que Therrien commence à avoir plus confiance en lui. De manière générale, Pleks n'était pas assigné à un adversaire, mais bien aux mises en jeu en zone défensive. Il en a pris 14 (!) près de Budaj et 2 seulement en zone des caps. Le top-6 de Washington l'a passablement écorché.
  • Eller a surtout joué contre le trio de Grabovski, contre qui il aura, au total, fait bonne figure. Le trio d'Ovechkin, par contre, l'a passablement magané. Au total, le fait de finir égal aux chances et aux TVF est un progrès, le trio semblant enfin trouver ses marques sans Gallagher.
  • Gros match de DD et ses sbires, qui ont eu à prendre une part inhabituelle de mises en zone défensive, ce qui ne les a pas empêchés d'aller chercher un robuste avantage aux chances et aux tirs.
  • Bon match de la 4e ligne encore une fois, mais le jeu de chaises musicales qu'affectionne Therrien l'a mordu en 3e, alors que Brière, Bournival et White se sont fait passer le but égalisateur. Outre ça, cet excellent trio continue son travail de sape.
  • Autre bonne soirée au boulot pour Markov et Subban. Le Général, comme je l'ai dit plus haut, s’est fait voler par Holtby, alors que Subban a multiplié les jeux brillants en défensive, brisant nombre d'entrées de zone à sa ligne bleue.
  • On peut bien dire "le club joue de manière trop conservatrice avec l'avance", mais je n'y crois pas. Ils continuent à pratiquer un échec avant à deux joueurs et seuls les défenseurs deviennent un peu plus conservateurs. Non, le problème, actuellement, c'est que le duo Emelin/Gorges pisse le sang. Therrien leur donne de lourdes responsabilités: ils ont joué contre Ovechkin en première et ont pris au total 11 mises en zone défensive contre 3 en zone offensive. Outre les deux buts des Capitals, ils ont accordé 8 chances à l'adversaire, soit plus de la moitié du bilan total des Caps. Je suppose qu'on n'a pas le choix, il faut attendre que ça se tasse.
  • La lourdeur des tâches assignées à Emelin et Gorges profite à Bouillon et Diaz qui, au bout du compte, n'ont presque rien donné à l'adversaire et ont connu de très belles séquences contre le top-6 adverse. C'est pourquoi la patience est de mise. Une fois le deuxième duo renchaussé, le CH va avoir une formidable défensive.








mercredi 27 novembre 2013

20365: Montréal 3 Buffalo 1

Ce match devait absolument être remporté, mission accomplie. Après avoir poussé la machine jusqu'au filet de Desharnais, le CH s'est ensuite tranquillement retranché sur ses positions, jouant de prudence. Je ne sais pas si j'ai la berlue, mais le CH me semble avoir une nouvelle façon de jouer "conservateur". Alors que les éditions passées cessaient tout échec avant pour tenter de bloquer la zone neutre à 5 joueurs, l'édition actuelle continue à faire pression avec deux, parfois même trois attaquants en zone offensive. Ce sont les défenseurs qui, en mode protection, deviennent beaucoup plus prudents. On ne les voit plus "pincher" sur les séquences en zone offensive et ils concèdent beaucoup plus d'espace en zone neutre. On voit l'effet de cette manoeuvre dans l'explosion des entrées de zone concédées à l'adversaire au cours des trois périodes. Après n'en avoir concédé que deux en 15 minutes de jeu en première, le CH en a donné 9 en deuxième et 11 en troisième.

Par ailleurs, c'est un de ces matchs ou la pression en zone adverse ne se réalisait pas ou peu en chances de marquer. C'est plutôt par la discipline que le CH a assommé les Sabres. D'abord en générant plus d'avantages numériques, puis aussi par leur approche du jeu de puissance. Le Canadien a en effet rapidement pris acte du choix tactique des Sabres, collant les excellents Ott et Stafford à la couverture de Subban à la pointe. On a donc vu un jeu de puissance patient, multipliant les échanges en triangle, construisant patiemment un espace derrière les joueurs couvrant le #76. Le but de Desharnais découle de ce sursaut des Sabres cherchant à couvrir cet espace soudainement ressenti comme une plaie dans leur carré défensif. Sur le but de Gallagher, ils n'ont pas vu l'ouverture se faire et le petit #11 y est allé d'un superbe tir sur réception.

  • Plekanec a partagé son temps entre les trios de Ott et Hodgson. Ott était des mises en zone du CH, Hodgson de celle près de Ryan Miller. Avantage territorial net pour Plekanec et Gionta, avec encore une fois Moen à leurs côtés pour finir le boulot.
  • Sur la seule impression visuelle, Eller m'a semblé fort en verve, contrôlant la rondelle dans les trois zones et multipliant les revirements causés en zone offensive, et sa passe sur le but de Markov / Galchenyuk n'était pas que savante, elle était magnifique. Les chiffres sont plus cruels, les quelques séquences passées par son trio près de Price peignent le tout en rouge. Prust, notamment, m'a semblé souvent brouillon et Galchenyuk est un peu flou. Faut le dire, Therrien ne les gâte plus aux mises en jeu. C'est une adaptation nécessaire.
  • Le match a commencé un peu croche pour Desharnais, mais au total son trio a tiré son épingle du jeu. Je note 8 entrées en possession de rondelle par Desharnais et on ne peut passer sous silence les deux buts de ce trio en avantage numérique.
  • Ted Nolan semblait en fait ne pas se soucier outre mesure des zones de mises en jeu, cherchant plutôt à opposer son trio des jeunes (Grigorenko, Girgensons [Zemgus de son petit nom] et Adam) à la 4e ligne du CH. White, Moen et Bournival forment un formidable 4e trio et ils l'ont prouvé ce soir, éviscérant complètement les pauvres recrues de Buffalo.
  • Remarquable performance de Subban et Markov, absolument remarquable. Subban qui fait le jars avec la rondelle en fin de deuxième et ouvre la porte au but de Moulson ne change absolument rien à tout ça, ce fut d'ailleurs la seule chance de marquer concédée aux Sabres à forces égales par ce merveilleux duo. Sérieux, faut remonter aux années 70 pour trouver leur équivalent? Aux années 80? Est-ce que Chelios et Big Bird ont joué ensemble?
  • Gorges et Emelin ont encore éprouvé quelques difficultés, se faisant visser à quelques reprises dans leur zone avec le trio d'Eller. Mais le gros Emelin trouve tranquillement ses marques, au grand dam de Matt Moulson, qui a bien failli y laisser sa peau.
  • Protégés aux mises en jeu et jouant contre le trio des jeunes de Buffalo, Murray et Diaz ont quand même eu bien des misères. On a dit bien des méchancetés sur Bouillon, mais c'est en grande partie parce qu'on lui a demandé de jouer à droite, ce qu'il ne sait pas faire, et parce qu'on compare son jeu à celui de Markov et Subban en avantage numérique. Bouillon, donc, est comme, défenseur gaucher, plusieurs encablures devant Murray, la chose est plus que jamais évidente.








samedi 23 novembre 2013

20344: Pittsburgh 2 Montréal 3

Une des puissances de l'Est, les Penguins sont bâtis sur un moule atypique: un haut d'alignement articulé autour de Crosby, Malkin et, dans une moindre mesure, James Neal. Puis un ensemble d'attaquants fiables, disciplinés, rompus à toutes les phases du jeu et sachant jouer rude. En défensive? Un gros duo défensif, Orpiks et Martin, avec un défenseur offensif, mais versatile en Letang, accompagné d'un jeune prometteur. Après, le déluge.

Cette équipe est pénible à affronter parce qu'impossible à arrêter, on ne peut que tenter de ralentir Crosby et espérer accrocher Malkin en zone défensive. Autrement, Bylsma n'a qu'à intercaler son 3e trio de temps à autre et on se retrouvera nécessairement à exposer le bas de l'alignement à Malkin, qui en fera nécessairement de la chair à pâté. Pour les battre, ça prend un excellent gardien et 3 duos de défenseurs capables de tenir leur bout en eaux troubles. Le CH n'y est pas encore tout à fait, alors forcément, les pentures ont grincé.

On a eu droit à d'intéressants choix tactiques, en fait. Le CH a semblé concéder la zone neutre tout au long de la soirée, laissant les Penguins la traverser et entrer en zone du Canadien en possession de rondelle encore et encore (37 fois à forces égales!). Les Penguins, lorsqu'ils entrent à pleine vitesse, ne se contentent pas de foncer au filet, ils exploitent continuellement la longue passe latérale, quitte à l'envoyer à un défenseur avançant une dizaine de pieds devant la zone neutre. Ces manoeuvres visent à faire déplacer le gardien au maximum et, éventuellement, à le fatiguer. Peu de clubs ont l'habileté et surtout la patience nécessaire pour effectuer un pareil travail de sape. Pittsburgh a bien failli rattraper le CH en fin de compte.

Mais si Montréal semblait concéder la zone neutre, c'est en partie parce que, incapables de gagner la zone adverse en contrôle de rondelle avec régularité, ils ont fait le choix dégager et pratiquer systématiquement un échec avant à deux joueurs, et ce jusqu'à tard en troisième période. Ça n'était pas un mauvais choix, Pittsburgh étant instable en défensive. Au bout du compte, les deux points sont au tableau.

  • Braqué contre Crosby, Plekanec termine dans le rouge et avec un but pour son malheur. Soirées ingrate que celle-là, surtout lorsqu'on considère que son trio a connu des difficultés lorsque jumelés à Gorges et Emelin. Brière a continué aux côtés de Pleks jusqu'au milieu de la 3e, après quoi Moen a pris sa place. Je sens que ce compromis va durer encore un moment, le 48 apportant un réel avantage en zone offensive.
  • Le trio d'Eller s'est fait mettre quelques taloches par Malkin, mais ils ont bien tenu contre la balance de l'alignement. Encore une seule chance à 5 contre 5. Va-t-il falloir leur redonner Gallagher pour rallumer le moteur? Galchenyuk a semblé plus incisif aujourd'hui, qui sait, peut-être avait-on besoin de le séparer de son pote pour le forcer à prendre plus d'initiatives?
  • Moins de poussées aux zones de mises en jeu pour Desharnais, mais Pacioretty et Gallagher étaient là. Ils ont su coincer Malkin à quelques reprises dans son territoire et Pacioretty ramasse deux buts pour son malheur. Comme quoi.
  • Plus pénible ce soir pour la 4e, qui n'a pas les outils pour contenir un Malkin, surtout pas si la défensive est erratique.. Dans ces temps-là, on espère que Price soit en feu (il l'était)
  • Therrien a commencé par envoyer Emelin/Gorges comme Crosby mais s'est rapidement ravisé et c'est Subban et Markov qui ont ramassé le bill et l'ont payé sans broncher. Leur tombe dessus ce qui est probablement la plus dure assignation dans la LNH à l'heure actuelle et ils payent comptant et partent les poches pleines: 5 mises en zone défensive contre une seule en zone offensive, 4 chances contre une accordée, +17/-10 aux TVF. Mazette.
  • Ben, Emelin n'est pas encore revenu à son rythme de croisière hein, alors ça a fait dur contre Crosby et Malkin. À le regarder hésiter en zone neutre, je réalise que si les attaquants font désormais un échec avant à deux, parfois même trois joueurs, les défenseurs, eux, pinchent beaucoup moins. Or, quand Emelin jouait l'an dernier, ça ne marchait pas comme ça et clairement cet ajustement lui coute à l'heure actuelle.
  • Une drôle d'odeur sortait de la cuisine lorsque Diaz et Bouillon jouaient contre le top-6 de Pittsburgh, mais ils ne l'ont pas fait suivant et contre les 3e et 4 trios, tout baignait.








20337: Montréal 3 Washington 2

On ne peut pas dire que les Capitals jouent un style très hermétique. Avec 36 entrées de zone, dont 21 avec un écart d'au moins deux buts au score, le CH a passé la soirée à traverser la ligne bleue des Caps, c'était assez saisissant. Mais Washington, c'est Ovechkin. Avec Backstrom et Johansson, il forme un merveilleux trio d'attaquants, qu'Adam Oates utilise à outrance en zone offensive. Hier soir, en 14 minutes à forces égales, ils ont pris 12 mises en zone offensive contre 4 seulement dans leur zone, ont déclassé le CH 29-14 aux TVF et collé 9 chances de marquer contre 6 concédées au CH. Pas hyper hermétique comme trio, mais terriblement menaçant. En fait, Oates fonctionne à trois trios, la quatrième de Washington n'ayant même pas franchi le 5 minutes de jeu. Contre ce genre de club, ça prend de la profondeur.

  • L'expérience Brière aura été de courte durée. Outre un beau but en avantage numérique, Brière n'a jamais semblé à l'aise en zone défensive. Faut dire qu'avec une avance de 3 buts, le coach a cherché à coller Pleks à Ovechkin. Ce dernier jouant à l'aile droite et Brière à l'aile gauche, ça mettait le 48 dans une position qui n'est tout simplement pas la sienne. Après l'avoir vu se fendre de quelques présences pénibles en deuxième, Therrien l'a renvoyé sur la 4e et a plutôt fait monter Moen. Je ne sais pas ce que le gros 32 a fait comme régime cet été, mais il est immensément plus agile que l'an dernier, ce qui en retour le rend beaucoup plus efficace aux côtés de Pleks et Gionta. Malgré son but, il n'a par contre vraiment pas de mains. Bourque risque donc de revenir au côté des deux autres lorsqu'il retournera dans l'alignement. Pas sûr que je ne préfère pas Moen.
  • Pris contre Grabovski et sans poussée aux mises en jeu, Eller s'est fait neutraliser par son principal adversaire et pincer par le trio d'Ovechkin et la 4e des Caps. Ça n'était pas faute d'essayer, mais Galchenyuk notamment semblait un peu perdu. J'avoue être intrigué par le #27: il semble parfois très lent, mais on va aussi le voir ramasser la rondelle et foncer dans une ouverture et prendre ses adversaires de court. Il arrive tranquillement, mais il n'y est pas encore.
  • Desharnais, avec les deux meilleurs ailiers offensifs du club, a reçu la poussée aux mises en jeu. Outre son but, un avantage net aux chances, mais gagné contre le trio d'Ovechkin, qui n'est pas très dynamique en couverture défensive, mettons. Grabovski (encore lui...) les a tenus tranquilles. Dire que les Leafs, qui coulent comme des roches (ça ne paraît pas encore parce qu'ils partent de haut), l'ont racheté. Tsk.
  • La 4e a bien paru, mais faut dire que ce n'était pas dans un rôle très défensif. Reste qu'un vrai 4e trio fait toute la différence pour le CH, dont le top-9 est composé de plusieurs spécialistes ayant leurs faiblesses. Une 4e capable de mettre la pression donne beaucoup de marge au coach. Pour cette raison, le tir frappé mangé sur les orteils par Bournival est une très mauvaise nouvelle. S'il doit s'absenter, c'est Parros qui entre et c'est la 4e qui perd toute efficacité.
  • Subban et Markov ont connu un autre bon match, mais n'ont pas semblé attitrés à un trio en particulier. En fait, si, ils ont semblé servir de tampon contre Ovechkin, lorsque Gorges et Emelin ne pouvaient aller le chercher pour cause de changements. Subban qui se bat contre un type avec une visière, moi tout ce que je vois, c'est une coupure à la main et du temps sur la liste des blessés. Que voulez-vous, je suis père poule.
  • Emelin et Gorges se sont tapé le sale travail: contre Ovechkin, surplus de mises en zone défensive et avance de deux buts à protéger en 3e. Les bonshommes se sont fait graisser. Après avoir fait jeu égal aux tirs au cours des deux premières périodes, ils ont ramassé un joli +2/-15 aux TVF en 3e et 3 chances accordées. Inélégant, mais ça a passé.
  • Le top-4 permet à Therrien de protéger correctement sa 3e paire, ce qui permet à Murray d'avoir un beau sommaire. N'oublions pas Diaz, franchement plus apte à démerder le gros #6 que Bouillon. On l'oublie trop souvent, mais le 61 a fait beaucoup de temps dans les minutes dures depuis l'an dernier et s'en est toujours tiré honorablement. C'est un luxe d'avoir 5 défenseurs de top-4 comme le CH en a, mais c'est aussi bien, parce qu'ils n'ont pas de #5, un #6 et un #7. Alors sitôt qu'un des top-4 lève les pattes, la 3e paire devient vraiment, vraiment vulnérable.








mercredi 20 novembre 2013

20315: Minnesota 2 Montréal 6

Le score fait qu'on l'oublie, mais c'était un match serré, chaque équipe s'échangeant les chances de marquer. Le Wild est une des puissances de la ligue et le CH, disposant enfin d'un alignement complet (ces choses-là sont rares, profitons-en!) leur tenait tête. La première période était donc déjà une bonne nouvelle.

Cet alignement complet s'était, après tout, montré incapable de traverser les Rangers samedi, une performance en demi-teinte marquée par les difficultés du trio d'Eller. Therrien avait donc décidé de remanier sa formation. Les résultats ont été probants, bien que le coach du CH ait un peu joué de chance, selon moi.
  • Pleks et Gionta étaient supposés hériter de Bourque, une décision que j'abhorre. Le gros #17 n'a jamais rien fait qui vaille avec les deux autres, qui décollent sitôt qu'on les libère des affections de l'homme de Lac-La-Biche. À mon sens, l'explication est simple: Bourque joue nord-sud au point de pratiquer un hockey de corridor, ce qui embarrasse continuellement Pleks et Gionta, tous deux adeptes du hockey 200x85, entendre par là qu'ils vont partout sur la patinoire. Avec le gros Bourque, les transitions, les transferts de responsabilités en couverture défensive et l'exploitation des zones libres en zone offensive deviennent alors pénibles. L'autre étant finalement malade, c'est Bournival qu'on annonçait à sa place, un joueur plus dynamique et surtout plus imaginatif, ce qui convient mieux aux missions qu'ont à remplir les deux autres. Bournival aura joué un grand total de 22 secondes avec eux, Therrien envoyant finalement Brière à l'aile gauche. C'était inattendu et ça a merveilleusement fonctionné. J'ai souligné à quelques reprises à quel point Brière semblait plus à l'aise au centre plutôt qu'à l'aile; semble que ce soit en fait qu'il est terriblement mal adapté au jeu nord-sud (une obligation pour quiconque joue à l'aile de Desharnais). Avec le 14 et le 21, ça a immédiatement cliqué: les deux autres peuvent découper la glace tout leur content, Brière lui se tient en retrait, observe et plonge dans les ouvertures pour relancer le jeu. Curieux mélange, donc, mais qui fonctionne. Ils ont stoppé net le formidable premier trio du Wild, contre qui ils ont disputé 81% de leur temps de glace et pris 5 mises en zone défensive (contre une seule en zone offensive). On brule un cierge pour que Therrien les garde réunis quelque matchs, parce que si la performance contre le Wild n'est pas un feu de paille défensif, Brière apporte à ce trio un punch offensif potentiellement dévastateur.
  • Autre match en dent de scie pour Eller et Galchenyuk, cette fois-ci accompagnés de Prust. Ils ont quand même généré quelques chances, mais au total, ça reste moyen. Le retour de Bourque va peut-être permettre à Therrien de leur redonner Gallagher?
  • Gallagher est en temps normal une formidable dynamo offensive. Hier soir, son rôle a été plutôt effacé. Quand même une chance de marquer et une entrée de zone en possession de rondelle à forces égales, mais c'était le show de Desharnais et Pacioretty, qui avaient déjà monté en régime contre les Rangers. 5 chances de marquer et 5 entrées de zone pour Pacioretty, 4 entrées de zone pour Desharnais, tout ça à 5v5. J'aimerais que Therrien leur renvoie le gros Bourque et que Gallagher remonte avec Eller, mais bon, on ne chiquera pas la guenille à soir...
  • La 4e a connu un chiffre atroce de 39 secondes contre le trio de Koivu en 3e période: 7 TVF et 3 chances de marquer accordées. Ça gâche un peu le tableau parce qu'outre ça, ils ont largement terminé dans le positif et Bournival a encore collé un but. De vrais joueurs de la LNH, ça fait une énorme, énorme différence sur un 4e trio.
  • Markov et Subban ont un peu baissé de régime en 3e, se faisant coller 5 TVF et 3 chances en un peu plus de 4 minutes de jeu ensemble. Mais outre ça, ils ont bien maitrisé le trio de Pomminville quand ça comptait. Pas une mince affaire: Niederreiter semble avoir trouvé ses marques et, franchement, je suis content de ne le voir passer que deux fois par saison.
  • Autre surprise de Therrien: Emelin avec Markov! Et contre Koivu en prime. Donc, le gros 74 est maintenant leveur de fonte en titre à son deuxième match de la saison. Sitôt éloigné de Gorges, ça devenait effroyable (une brève présence avec Bouillon notamment). Règle générale, il m'a semblé perdu, ça venait tout simplement trop vite et souvent on l'a vu pris entre deux couvertures défensives. Ça va revenir; il a simplement, à travers tout ce chaos (qu'il causait souvent), patiemment continué à faire sa petite affaire, sans jamais paniquer. Je l'ai dit samedi et je le répète ici: ce qui saute aux yeux, c'est son jeu avec la rondelle. Emelin me semble être le plus habile de la bande après Markov et Subban et ses passes laissent entendre qu'il possède une belle vision du jeu offensif. On l'essaye sur le jeu de puissance, un de ces 4, juste pour le fun?
  • Depuis le début de la saison dernière, Diaz a fait ses classes. Il est aujourd'hui parfaitement capable de tenir contre les meilleurs éléments adverses avec Gorges. Alors avec Bouillon, contre les fonds d'alignement? C'était plutôt bien.








lundi 18 novembre 2013

Après 21 matchs

Après des débuts prometteurs, le CH performe en demi-teintes depuis un moment déjà. Pour ceux qui, comme moi, cherchent toujours du côté des pourcentages, les taux de conversion sont toujours les premiers à être étudiés.

Voici un premier graphique illustrant le différentiel des taux de conversion de chances en buts sur les unités spéciales et à forces égales. À sa suite, un tableau montrant les données brutes. Il s'agit de moyennes tournantes, entendre par là qu'on a la moyenne des 10 premiers matchs, suivie de celle des matchs 2 à 11 et ainsi de suite.



Règle générale, les taux de conversion tournent entre 12 et 14% à forces égales, alors que ça varie beaucoup plus sur les unités spéciales. L'avantage numérique, depuis le début de saison, converti à un rythme ahurissant: environ le quart des chances sont converties en buts! Je pense que ça explique pourquoi si le CH n'est que 18e au ratio des tirs générés en avantage, ça ne l'empêche pas d'être parmi les plus productifs. Est-ce que ça va durer? A-t-on là une démonstration de l'effet Markov (le CH a systématiquement vu ses taux de conversion de tirs en buts dopés en sa présence sur le 5 contre 4 ces dernières saisons)? Ça reste à voir.

Inversement, le taux de réussite de l'adversaire sur le désavantage numérique est relativement constant, autour de 15%, ce qui me semble dans les normes. Si on a à chercher une dimension dans laquelle la saison de Carey Price est remarquable, ça n'est donc pas tant là que sur les buts concédés à forces égales. Avec un taux de conversion global d'un peu plus de 10%, Price (et Budaj) a fait un travail sensationnel.

Malheureusement, ça semble compensé par une sous-performance au taux de conversion des chances, sous-performance qui ne fait que s'accentuer. Ça arrive, mais pour l'instant c'est un peu regrettable.

Au bout du compte, tout ça fait que le CH passe beaucoup plus de temps à jouer avec le score serré. Alors qu'il a passé 15 à 20% de ses matchs à défendre une avance d'au moins deux buts au cours des 15 premiers matchs, ce pourcentage a diminué à moins de 10% ces derniers temps. Fait à noter, cette perte ne se transpose pas en augmentation du temps passé avec un retard de plus de deux buts, mais plutôt, comme je le disais, en temps passé à jouer avec le score serré:


On peut donc prendre un peu de recul face aux envies de mettre tout le monde dehors: les buts ne viennent pas à forces égales, certes, mais au moins l'équipe reste dans le match. En fait, lorsqu'on regarde les différentiels de chances selon les situations, toujours en tournant une moyenne de 10 matchs, on voit apparaître certains éléments intéressants:



  • Après un passage à vide en milieu de séquence (dû selon moi aux nombreuses blessures débouchant sur un fond d'alignement pitoyable), le club continue à garder l'avantage aux chances de marquer à forces égales avec le score serré (en vert). Ça n'est pas immense, mais c'est réel.
  • Les unités spéciales, au volume de chances produites et accordées, ont opéré un revirement spectaculaire (en bleu). Longtemps déficitaires au volume, les choses ont changé du tout au tout depuis une dizaine de matchs. L'amélioration est tout entière attribuable aux performances du désavantage numérique. Le jeu de puissance se promène dans les 27 à 30 chances générées à l'heure, alors que le désavantage est parti de 39 pour descendre autour de 20-23! Une amélioration remarquable.
  • Le club ne joue presque plus avec une avance, mais il ne semble pas se replier exagérément lorsqu'il en possède une, comme en témoigne le léger solde positif aux chances.
  • Là où les choses sont embêtantes, c'est lorsqu'ils se mettent à tirer de l'arrière. C'était une tendance qui m'avait semblé apparente déjà en séries l'an dernier: le club semble "casser" lorsqu'il se fait ramasser. Accident statistique? Sais pas, mais c'est le point sombre de ces tableaux, la dimension qui ne découle pas de simples jets de dés selon moi.

dimanche 17 novembre 2013

20295: Rangers 1 Canadiens 0

Tout ceci était plutôt confus.

Le travail méthodique d'occupation des zones de transition effectué par les Rangers n'a certainement pas aidé le CH à trouver ses marques. Par zone de transition, j'entends ces espaces d'environ 10 pieds situés des deux côtés des deux lignes bleues. C'est là où se font les revirements les plus meurtriers, c'est aussi là que veillent les défenseurs lorsque leurs attaquants s'enfoncent en zone offensive pour leur apporter un éventuel appui. C'est de ces espaces que les meilleurs descentes en zone adverse sont entamées, car on peut aller y chercher les quelques enjambées supplémentaires permettant d'attaquer la ligne bleue ennemie à pleine vitesse.

Les Rangers ont occupé ces espaces, donc, en y multipliant les blitz à deux joueurs, toujours appuyés d'un troisième en embuscade, prêts à intercepter une passe précipitée. Pareillement, en zone défensive les Blueshirts se massaient dans leur enclave, d'où ils trouvaient leurs marques et établissaient leur domination sur cet espace vital pour ensuite aller étouffer les attaques du CH le long des bandes. Un travail impressionnant, rendu possible par un personnel versatile et capable. Chaque comporte deux, sinon trois joueurs capables de travailler sur des couvertures défensives serrées, ce qui rend ce club terriblement pénible à traverser.

Alors si on rajoute ça à un deuxième match en deux soirs...

  • Si Plekanec a coulé contre les Blue Jackets, lui, Gionta et Prust sont revenus en force contre les Rangers. Malgré un lourd tribut défensif à payer (8 mises en zone défensive contre deux seulement en zone offensive) et un certain déficit aux tirs vers le filet, ils ont terminé la soirée égale aux chances de marquer. Deux de ces chances ont été cédées à Dorsett et Boyle sur des présences étirées et ils ont dominé aux chances leur assignation principale (Callahan / Richards / Hagelin, meilleur trio des Rangers sur papier) malgré 7 mises en zone défensive contre eux. Sans bavure, ou presque.
  • Jouant beaucoup contre le trio défensif des Rangers, piloté par le gros Boyle, Eller et les kids ont cassé sec avec une seule chance de marquer générée contre 6 accordées. On se relève, on s'essuie et on recommence mardi.
  • Avec les mêmes assignations qu'Eller (le gros Boyle en zone des Rangers, le trio de Stepan dans leur zone), pris individuellement, les membres du trio de Desharnais terminent dans le rouge, mais réunis ils ont tenu, poussant 5 chances aux Rangers et leur en cédant 5. Pacioretty n'a peut-être pas son accélération des beaux jours, mais quand même: 3 chances de marquer, 6 entrées de zone en possession de rondelle. Le gars sait se rendre utile, mais c'est insensé, il n'est pas capable d'acheter un but.
  • Merveilleusement intéressante cette idée d'un 4e trio bâti autour de Brière, Bournival et Moen. Si le gros Travis est égal à lui-même, Brière est beaucoup plus à l'aise au centre: il n'a alors pas à pousser sur le jeu, se concentrant plutôt à suivre de loin ses ailiers pour sauter lorsqu'il voit le maillage défensif adverse se délier. C'était mal amanché en début de match, mais ils ont graduellement pris leur marque et se sont même payé une présence de 3 chances de marquer en 3e qui a bien failli ramener le score égal. Ce trio n'aura pas toujours énormément de glace, mais il est une réelle menace offensive. J'espère qu'on va donner quelques matchs à l'actuelle configuration en attaque, ça me semble très prometteur.
  • Markov et Subban ont souffert des errances de la kid line.
  • Gorges et Diaz étaient de garde sur les mises en zone défensive avec Pleks, ce qui plombe leur fiche aux TVF, mais réunis ils ont plus que tenu le coup au total des chances, notamment parce que Pleks n'a rien donné ou presque en leur présence alors que DD et ses sbires faisaient jeu égal.
  • Forcément, après Douglas Murray, Emelin a l'air d'Evgeni Plushenko. Personnellement, c'est surtout la qualité de ses passes qui m'a sauté aux yeux. Pour la suite des choses, c'est la meilleure nouvelle du match.