samedi 29 mars 2014

21112: Montréal 4 Panthers 1

J'aimes bien Vanek et j'aimes tout autant le fait qu'il fait pas mal ce que j'avais dit de lui (contrairement à ma prédiction sur la possibilité de voir les Sénateurs en séries), exception faite sa mutation à l'aile gauche:
"S’il est probable qu’on voie dans un premier temps Vanek aux côtés de Plekanec, il me semble donc que c’est plutôt à l’aile d’un des deux autres principaux centres du Canadien qu’il sera à même d’aider pleinement le club, tant par sa contribution individuelle que par celle d’un ailier gauche plus efficace sur un des autres trios."
Au bout du compte, c'est toujours un peu plus compliqué. J'aime bien Vanek, donc, comme tout le monde. Le type produit et il a amené Therrien à envoyer Gallagher dans les minutes de Plekanec, ce qui par ricochet permet de mettre Gionta comme appui défensif à Brière, qui peut alors jouer au centre, ce qui en retour permet la 4e ligne Bournival/Eller/White, un peu en retrait ces temps-ci, mais appelée à rendre de précieux services en séries éliminatoires.

Pour ce qui est du match contre les Panthers... On enlève Plekanec et on remplace Eller par Parros sur la 4e, forcément ça partait croche. Murray-Weaver en plus, on ne pouvait qu'attendre la catastrophe. Mais, ô surprise, Therrien a décidé d'enfoncer complètement les deux vétérans en zone défensive: 11 mises en jeu dans leur zone, aucune en zone offensive. Résultat, +6/-16 aux tirs, mais +4/-2 aux chances. L'association avec le trio de Desharnais (qui s'est autrement fait passablement bardasser sur le plan territorial) a donc été fructueuse.

Un dernier morceau sur ce fameux trio. Après le match de ce soir, ces 3 joueurs ont passé 106:34 ensemble à forces égales. Therrien leur a donné 50 mises en zone offensive contre 30 en zone défensive et ils ont généré 103 tirs vers le filet tout en en accordant 100 à l'adversaire. Ils ont créé 35 chances de marquer et en ont accordé 39 à l'adversaire. Pourtant, ils ont marqué 11 buts à forces égales et en ont accordé 3.

Pour faire court: leur ratio de buts sur chances de marquer est de 11/35, 31%. Leur ratio de buts accordés sur chances accordées est de 3/39, un peu plus de 7%. Le taux de buts sur chances traîne normalement autour de 15% dans les deux cas. Plus tôt que tard, les tirs adverses vont se mettre à rentrer et leurs merveilleux jeux de passes vont avorter de plus en plus souvent. Ainsi va la vie dans la LNH.

Les bons trios compensent pour ces hauts et ces bas en contrôlant le jeu et en empêchant l'adversaire de s'installer dans leur zone pour y cumuler tirs et chances de marquer. Le "premier trio" du CH ne fait pas, présentement, la preuve qu'il peut accomplir ce genre de boulot. Bref, s'ils sont fort agréables à regarder aller, Vanek, Desharnais et Pacioretty vivent présentement sur du temps emprunté. Souhaitons au CH que leur jeu de possession de rondelle finisse par s'améliorer.





21095: Montréal 5 Detroit 4

Le match Canadiens-Panthers commence dans 5 minutes, alors les tableaux et c'est tout.





jeudi 27 mars 2014

21083: Buffalo 0 Montréal 2

Après une première période à jouer comme des empâtés (normal pour un deuxième match en deux soirs), le CH a pris ses aises et les Sabres n’avaient plus qu’à s’accrocher à l’espoir d’un miracle qui n’est jamais venu.

Je regarde avec attention les sorties de zones du CH depuis quelques matchs, mais sans rien faire de systématique. Je suis de plus en plus convaincu d’une chose: les trios n’ont pas tous les mêmes patrons de jeu à respecter. Plus précisément, les trios défensifs (Plekanec et Eller) ont l'obligation de rester grouper dans leur zone et de sortir méthodiquement la rondelle vers la zone neutre, alors que les trios offensifs (Desharnais et Brière) envoient systématiquement un de leurs ailiers flotter en zone neutre pour tenter la longue bombe.

Ça a pour effet que les trios offensifs, lorsqu'ils sont pris pour une mise en zone défensive, se font horriblement démolir, parce qu'ils n'ont pas suffisamment de compétence défensive pour compenser le désavantage d'un homme dans leur zone.

C'est une hypothèse, on y reviendra.

Le trio de Desharnais a été à mon sens dominant, réellement dominant, pour la première fois depuis que Therrien les as réunis. Peut-être ont-ils tourné un coin? Je pense plutôt qu'ils ont simplement profité de deux choses circonstancielles: Eller et Pleks ont mangé les (rares) mises en zone défensive et les Sabres étaient leurs adversaires avec l'avantage de la glace. Et ça n'a pas paru outre mesure aux chances.

On verra ce que ça donne contre Detroit.

Oh, et Eller, White et Bournival? 3 centres naturels comme trio défensif d'appoint à Pleks et les Gally's? Je suis un fan. Tout simplement. On a bien aimé le côté "col bleu" de Moen, Weise et Prust, mais ils n'ont tout simplement pas le talent et la versatilité du trio actuel.






mardi 25 mars 2014

21075: Montréal 2 (F) Boston 1

Le Canadien n'a concédé que 7 chances de marquer aux Bruins à forces égales, ce qui est excellent. Ils en ont généré très exactement deux, toutes par le trio de Plekanec, pourtant assigné aux mises en zone défensive. C'est dire à quel point le club a été totalement neutralisé à forces égales. En fait, je ne peux m'empêcher de penser que les Bruins n'avaient tout simplement pas la tête au hockey et semblaient plus intéressés à taper dans le tas tout au long de la soirée. En séries, ce club aurait été plus discipliné et la volée mangée par le CH aurait été totale.

Privé du 4e trio dès leur première présence, le CH n'avait en effet plus de trio efficace en zone défensive passé celui de Plekanec. À partir de là, l'effet boule de neige est inexorable: parce que la rondelle ne sort pas, les mises en jeu sont en zone défensive, parce qu'il n'y a plus assez de spécialistes défensifs, ces mises sont prises par des centres inadaptés à ce job, ce qui fait que la rondelle ne sort pas, et tourne la roue.

Des clubs agressifs et structurés comme les Bruins font ressortir à quel point le jeu de transition du CH est basé sur du gambling. On tente, depuis la zone défensive, la longue passe à des attaquants en zone neutre en espérant générer des entrées en force en zone offensive. Plus souvent qu'autrement, le jeu est coupé en zone neutre et la contre-attaque prends la défensive à contre-pied, privée de l'appui de 2 de ses 5 joueurs.

Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire de ce match, si ce n'est que Budaj l'a volé. Encore une fois, Therrien roule les dés et gagne.






dimanche 23 mars 2014

21060: Montréal 4 Toronto 3

C’est toujours un peu embêtant d’évaluer un match contre les Leafs. Ceux-ci sont généralement totalement nuls en possession de rondelle, mais Kessel finit toujours par créer un ou deux buts.
  • Je dois l’admettre, bien que je l’aie souhaité, ça ma surpris de voir Therrien envoyer Galchenyuk et Gallagher lever de la fonte avec Plekanec. L’un comme l’autre aura à jouer ce rôle pendant de nombreuses années et il n’y a jamais de bon moment pour tirer des jeunes dans le feu. Par contre, Plekanec est le mentor parfait. Alors soit. Résultats moyens: une seule chance générée, mais aucune accordée, 6-10 aux TVF, 6 mises en zone défensive pour 2 en zone offensive. Ça n’est pas effrayant et c’était contre les Leafs, faudra donc voir à l’usage si c’est viable. Commençons par voir si Therrien répètera l’expérience.
  • Premier match à peu près positif pour DD/Vanek/Pacioretty à forces égales. Et encore, c’est pas les chars: 10 mises en zone offensive contre 2 seulement en zone défensive, avantage net (+10) aux tirs, mais autant de chances de marquer concédées que générées. Contre les Leafs. Je reste profondément sceptique, mais faut admettre qu’ils ont eu l’air plus fonctionnel. 3 chances et 5 entrées de zone pour MaxPac, qui remonte en régime.
  • Eller rétrogradé sur la 4e, Brière au centre et Bourque à gauche. Le gros Rene a connu un match digne de Max Pacioretty (3 chances de marquer, *10* entrées de zone en possession de rondelle), alors que Gionta a repris avec Brière un rôle qu’il a si bien rempli avec Gomez, soit celui de pivot central en zone défensive. Pas toujours élégant, mais ça a tenu.
  • Alors pour bien faire, Eller se pète quelque chose en deuxième, alors que Therrien l’envoyait (enfin) prendre une mise en zone offensive avec Moen et Gionta. La laine? On verra. Enterré en zone défensive, son trio n’a jamais accordé de chances (et en an généré 2) malgré de grosses difficultés à sortir du trou lorsque jumelé à Murray. Curieux de voir comment le CH va se démerder su Eller n’est pas présent pour quelques matchs. Le Danois monte tranquillement les marches et ne connaît pas une grande saison offensive, mais il mange beaucoup de minutes et peu charrier pas mal de bois mort.
  • Ça venait vite pour Bouillon et on doit vivre avec. Dans un monde idéal, Tinordi jouerait avec Subban et Beaulieu avec Weaver, mais Michel Therrien ne mange pas de ce pain-là, alors on fait avec.
  • Beaucoup de mises en zone offensive pour Markov et Emelin, qui m’ont semblé à peu près assignés à Kessel, à qui Emelin a asséné un joli cross-check dans les reins en première. Le gros Russe manie de manière particulièrement vicieuse et efficace cet instrument pourtant illégal. Je note aussi qu’il ne s’est pas fait allumer comme un lampion par Kessel et VanRiemsdyk, ce qui tend à confirmer qu’il a monté une marche depuis les Olympiques. On ne le prendra jamais pour PK Subban, mais s’il peut se tenir à flot, on va faire avec. Parce que 4 millions pour 4 ans à un défenseur de 3e duo, ça aurait fait dur en ta...
  • Weaver et Murray n’ont presque pas été utilisés, ont été tenus loin des mises en jeu en zone défensive, ont eu un léger avantage aux chances de marquer et se sont fait continuellement ramoner. En présence de Murray, 10 entrées de zone cédées aux Leafs contre une seule par le CH. Dans le vidéo ci-dessous, on a droit à une séquence fantastique de Murray. Les Leafs tentent une première fois de rentrer du côté de Weaver et réussissent, mais ce dernier et Plekanec marquent leur homme et mettent fin à tout ça. Deuxième essai, du côté de Murray, et là ça fonctionne. Dans les deux cas, regardez ou se trouve Murray lorsque les Leafs amorcent leur entrée de zone. Il concède d’emblée l’essentiel de l’espace entre la ligne bleue et le haut du cercle de mise en jeu! Pire, sur la seconde entrée de zone, il descend *sous le point de mise en jeu* avant d’aller confronter Kadri! Therrien a ses raisons de le faire jouer, mais je regarde le temps de glace et les responsabilités de Murray par rapport à ce qu’on a fait avec Tinordi, m’est avis que ce dernier est en train de tasser définitivement l’autre pylône. Therrien flagosse, mais si on regarde la tendance depuis les olympiques, c’est assez net.







vendredi 21 mars 2014

21044: Columbus 3 Montréal 2

Il y a quelque chose de saisissant dans la méthode Therrien. Au moment d’écrire ces lignes, en fin d’après-midi le lendemain du match contre les Blue Jackets, la pratique du matin laisse entendre qu’Eller sera rétrogradé au centre du 4e trio, Galchenyuk muté au centre du 3e, Ryan White sorti de l’alignement et Rene Bourque envoyé à l’aile de Galchenyuk. En défensive, il semble que Douglas Murray reprendra son poste à la gauche de Mike Weaver.

Tout ça n’est peut-être qu’un coup de semonce de Therrien à l’endroit d’Eller et Tinordi, tous deux fautifs sur le but gagnant des Blue Jackets. Eller, après être entré en zone offensive en contrôle de la rondelle, s’est trouvé entouré de quatre joueurs et a tenté un dribble supplémentaire au lieu de simplement rejeter la rondelle en fond de zone. Bref, il a pris un risque.

Le revirement causé, Tinordi a récupéré la rondelle en zone neutre et a tenté une passe à l’aveuglette du revers, à travers le centre de la patinoire. Interception de l’excellent Ryan Johansen, qui a foncé au filet et marqué. Ces deux joueurs ont pris des risques et se sont fait bruler. Que Therrien ressente le besoin, sinon de les punir, du moins de les avertir, exprime pleinement ce qui est à mon sens sa plus grande faiblesse: l’homme n’a, de toute évidence, aucune foutue notion de statistique élémentaire. Ça n’est pas rien, pour un entraineur-chef dans un sport où les meilleurs avantages se manifestent par des «splits» de 60/40...

Le fait est que le but de Johansen était la seule chance de marquer accordée par le CH aux Blue Jackets à forces égales lorsque Lars Eller était sur la patinoire, alors que le CH en a obtenu 6 (Eller lui-même en obtenant 2). De même, lorsque Tinordi était sur la patinoire à forces égales, les Jackets ont obtenu 2 chances de marquer. Pas 12, pas 6, 2.

Tinordi, avec Weaver, a pris 6 des 17 mises en jeu en zone du CH à forces égales, contre 2 mises en zone offensive. Ces mises ont principalement été prises contre le deuxième trio des jackets, celui d’Artem Anisimov. Au total, le CH a, en présence de Tinordi, eu l’avantage 7-2 aux chances, 14-12 aux tirs vers le filet. Pour un joueur recrue, accompagné d’un vétéran, c’est une excellente performance et normalement, cette vue d’ensemble de sa performance devrait aider à relativiser les erreurs de Tinordi, normales pour un jeune joueur.

Il n’y a qu’une seule façon de rendre ces joueurs plus fiables sous pression, et c’est de les exposer à cette pression. Si on décide qu’ils ont les aptitudes pour faire ce travail (et Tinordi comme Eller ont le profil de l’emploi, si on peut dire), on doit vivre avec leur apprentissage. C’est toute l’équipe qui en bénéficiera à l’avenir.

Parce qu’il faut comprendre que les problèmes sont ailleurs, pour le CH. Le trio de Desharnais s’est encore fait dévisser à forces égales, notamment par Johansen. Ce trio-là, si spectaculaire soit-il en avantage numérique, ne tient pas la route à forces égales, Vanek et Desharnais sont tout simplement trop faibles hors de la zone offensive. Mais Vanek a marqué et, pour Therrien, on dirait que c’est tout ce qui compte.

Globalement, l’équipe s’est améliorée, mais c’est surtout dû au travail du DG qui a tout simplement enlevé à son coach des possibilités d’employer de mauvais joueurs en ajoutant suffisamment de bons joueurs. Weise est un exemple. Mais encore là, Ryan White a fait hier soir un excellent travail de centre défensif (7 mises en zone défensive, une seule chance obtenue par l’adversaire en sa présence), mais on va le sortir de l’alignement? On mute Galchenyuk au centre d’un trio appelé à jouer un rôle offensif et défensif, alors qu’il n’est absolument pas clair qu’il soit capable de prendre ce genre de travail. Ses aptitudes et son manque d’expérience en font, pour l’instant, un centre qu’on doit tenir loin des tâches défensive, entendre par là un centre ayant le rôle de Desharnais. Est-ce à dire qu’on lui de demandera de jouer un rôle qui n’est pas le sien, accompagné de Gionta et d’un Bourque au mieux erratique?

Ou est-ce que Therrien va demander à son trio le plus faible défensivement, celui de Desharnais, de prendre plus de responsabilités défensives? Sinon, ces tâches devront revenir à Eller. Et si c’est ce qu’on veut faire, alors pourquoi priver le Danois de Gionta et Galchenyuk, avec qui il a redressé la tête à forces égales et recommencé à créer des chances, pour lui imposer Weise et Moen, deux joueurs honnêtes, mais n’apportant pas la compétence des deux autres?

Tout ça est académique, mais en même temps, rendu en série, c’est ce genre de faiblesses réelles que les adversaires du CH seront en mesure d’identifier pour mieux les exploiter. On ne perd rien pour attendre.

Si ça se trouve, ces mouvements de personnel ne sont, comme je l’indiquais plus haut, que des avertissements à des joueurs dont le coach est insatisfait. C’est très bien, mais ces sparages (tout comme le fait de neutraliser un avantage numérique en clouant Subban au banc après que celui-ci ait échappé un joueur sur une mise en zone défensive menant à un but) sont inutiles et réaffirment le statut précaire de jeunes joueurs (dont on suppose la confiance fragile) qui s’améliorent de match en match. Rien de bon ne peut sortir de tout ça.





mercredi 19 mars 2014

21030: Colorado 3 Montréal 6

Les équipes de l'Ouest sont tout simplement plus intéressantes que celles de l'Est, admettons-le. L'Avalanche n'a pas un style de "possession de rondelle" comme les Sharks, les Kings ou les Blues, entendre par là qu'ils prennent beaucoup de risques et laissent souvent l'adversaire prendre le contrôle de leur zone. Mais on parle d'un club qui s'appuie au maximum sur son principal avantage, un groupe d'attaquants extraordinairement talentueux.

L'Avalanche, donc, est un club hyper-agressif avec la rondelle, qui cherche toujours à entrer en zone adverse en contrôle de la rondelle et qui le fait sans s'enfarger dans les détails: on fonce à tombeau ouvert sur le centre de la défensive adverse. C'est spectaculaire. Le CH a mis une période à s'ajuster et, en deuxième, l'Avalanche a complètement implosé à forces égales, avant de se ressaisir en 3e.

Faut le dire, le Canadien était dans l'ensemble beaucoup plus structuré. L'alignement actuel est beaucoup plus rapide et habile avec la rondelle que bien des itérations subies depuis novembre et ça semble donner aux joueurs la fraction de seconde nécessaire pour rester organisés. Mais en même temps, je les trouve beaucoup plus conservateurs en zone défensive; on reste groupés et on cherche à occuper le centre de la glace. Contre le top-6 de l'Avalanche, ça n'a pas vraiment marché, ils ont dû donner une douzaine de tirs sur réception de l'enclave, souvent parce que le centre (Eller et Desharnais étaient les principaux coupables) s'en allait dans le coin et laissait son joueur libre.

Un mot sur MacKinnon: extraordinaire. On le compare à Crosby et ça me semble totalement justifié. Effroyablement rapide et explosif, maniement de rondelle, tir, vision... Emelin a eu l'air d'un abruti fini en deuxième en essayant d'aller le chercher derrière le filet, pour voir le 29 partir de l'autre côté et prendre une chance. Sur son but, Gionta, Eller et Galchenyuk l'ont tour à tour échappé alors qu'il avait la rondelle. C'est un talent exceptionnel et, à regarder les Duchene, Landeskog et O'Reilly, je trouve que c'est un peu injuste. Mais bon, ainsi va la LNH.

  • Quelques chances accordées au trio de Duchene noircissent le bilan de Pleks, qui a pris l'essentiel des mises en zone défensive. Parfois avec Prust au lieu de Brière, mais toujours avec Gallagher, ce qui en dit très, très long sur le chemin parcouru par le #11. Au-delà des chances de marquer et du jeu en zone offensive, Gallagher est en train de s'installer comme joueur défensif à forces égales. C'est fantastique, tout simplement fantastique.
  • On est tous très contents pour Vanek, mais accessoirement, lui, DD et Pacioretty se sont fait éclater la tronche par Duchene à forces égales. Avec Gallagher, le trio de Desharnais tenait sans problèmes dans les minutes dures pour peu qu'on leur donne des mises en zone offensive. Avec Vanek, ça ne semble pas aussi évident. Alors je reste dubitatif quant aux perspectives à long terme de ce trio. Reste que la communication Vanek-Desharnais est un pur plaisir à voir. En fait, je trouve que Pacioretty prend un rôle un peu secondaire et je me demande si, des fois, l'arrivée du #20 ne serait pas un bon prétexte pour envoyer Pacioretty sur une autre ligne. Ça n'arrivera pas, mais quand même: Pacioretty/Pleks/Gallagher, Vanek/DD/Brière?
  • Eller a eu à couvrir Stastny, MacKinnon et Landeskog, et ce fut souvent pénible. Je ne crois pas qu'on ait à s'inquiéter, par contre. Les errements en zone défensive m'ont souvent semblé le fait d'excès d'agressivité d'Eller, qui se compromettait un peu trop vite et laissait le centre de la zone libre. Parce qu'il l'a fait par le passé qu'il a fini par se calmer, je ne m'inquiète pas outre mesure.
  • Match parfait, littéralement parfait, de la 4e ligne. Eller et Plekanec prenant charge des mises en zone défensive, la 4e avait un job de "trio d'énergie". Les 3 ont marqué un but (!), mais surtout, aucun tir concédé à l'adversaire, aucune chance de marquer, aucune entrée de zone en possession de rondelle autorisée. Match. Parfait. On l'encadre et on le regarde d'un air attendri.
  • L'Avalanche, c'est pas les Sabres, alors PK et Bouillon ont eu à prendre charge du gros des mises en zone défensive. Ça allait trop vite pour Bouillon.
  • Encore une fois, Emelin et Markov avaient un léger avantage aux mises en zone offensive. Se sont fait mettre le feu par Duchene. Ici, c'est pour Emelin que ça semblait venir trop vite.
  • Aucune mise en zone défensive pour Weaver et Tinordi, qui ont fort bien répondu, ne donnant quasiment rien à l'adversaire. Deux matchs de file sans Murray... Donne-t-on (enfin) de la corde à Tinordi?





dimanche 16 mars 2014

21018: Montréal 2 Buffalo 0

Brian Wilde, journaliste aux sports à CTV, a pendant le match sorti une blague qui m'a bien fait rire: le Canadien a l'instinct du tueur d'une fougère... C'est très drôle et c'est peut-être vrai, mais je pense que la vérité est plus emmerdante. Ce n'est peut-être pas tant un manque "au niveau de" l'instinct du tueur, mais bien plutôt le fait que l'équipe n'est juste pas très bonne. Vanek et l'émergence de Brière redonnent enfin un vrai top-9 au CH, mais on est encore loin du compte en défensive, quoique les choix de ce soir ont ouvert des portes intéressantes.

Buffalo à la dérive en fin de saison, donc, coachée par le toujours intéressant Ted Nolan. Avec quelques 2:30 à faire en 3e et le tri de Desharnais qui rame en zone offensive, on a vu Buffalo dégager connement la rondelle et... Cody Hodgson recevoir la passe à la ligne bleue du CH! En gros, il semble que Nolan a demandé à son équipe de faire un 4 contre 5 avec un de ses meilleurs éléments offensifs qui se fait oublier à l'autre bout. Ça a bien failli marcher et, vu l'incapacité totale du CH à générer des chances en avantage numérique au cours du match, c'était un beau pari à tenter avant de retirer le gardien.

  • Pleks, Brière et Gallagher se sont vraiment trouvés. Gallagher, j'y référais il y a quelques matchs, a beaucoup évolué, passant d'un simple (mais très efficace) tireur qui fonce au filet à un joueur de possession de rondelle (patience avec le disque, profite de l'espace en périphérie lorsque l'enclave est verrouillée pour ouvrir des lignes de passes, transporte la rondelle en zone adverse et se rend au filet, etc...). Avec Brière qui a retrouvé ses jambes et Pleks qui est égal à lui même, ils ont fait un match presque parfait.
  • Encore 4 chances à forces égales pour Vanek ce soir avec 4 entrées en possession, une chance et 4 entrées par Pacioretty et 5 entrées de zone par Desharnais. Un peu dans le rouge comme unité, ils se sont grattés des avantages aux marges de leurs chiffres. Reste que Vanek va finir par débloquer plus tôt que tard, les chances sont là.
  • Aux chances, Eller a tenu même si, à l'oeil nu, il m'a semblé que lui et Galchenyuk ont souvent redonné la rondelle aux Sabres en tentant de sortir de leur zone. Pour tout dire, Eller semble avoir perdu toute vision périphérique lorsqu'il a la rondelle. On sait qu'il possède quand même une certaine vision, alors il faut mettre ça sur le dos d'une saison difficile pour un joueur qui, jusqu'à présent, a été en constante progression tout au long de sa carrière. Galchenyuk et Gionta sont les parfaits comparses pour le sortir de là. Je n'y aurais pas pensé et ne l'aurait jamais fait, mais Therrien a fait une pierre deux coups avec la permutation Gionta/Gallagher.
  • Avec 5 mises en zone défensive (4 avec Moen/Weise, une avec Pleks/Moen), Prust est celui qui prenait charge de la défensive. Un but graisseux pour Weise, mais ils se sont fait allumer en 3e. En 3 minutes de jeu, ils ont donné 5 tirs, 2 chances, 5 entrées de zone en possession de rondelle. Mais bon, contre Buffalo... Encore ici, sur papier, je n'y aurais pas cru, mais ça tient à peu près deux soirs en ligne, dont un contre une bibitte de fond de sous-sol en étant quand même collés à Ennis, Stafford et Conacher. On verra à l'usage.
  • Bouillon et Subban ont encore mangé des claques avec la 4e. Autrement, ça s'est fort bien passé, avec 5 des 12 mises en zone défensive à leur compte et jouant contre les 2 premières lignes de Buffalo (ouais, bon...).
  • Moins sollicités en zone défensive (seulement 3 des mises en zone défensive du CH, dont une sur un dégagement refusé), Markov et Emelin se sont graissés aux chances et aux TVF, peu importe les joueurs des Sabres ou du CH.
  • Tinordi et Weaver ont mangé leurs bas aux chances (+2/-5 réunis) mais ils ont pris 4 des 12 mises en zone défensive du CH, aucune suite à un dégagement refusé. C'est donc dire que Therrien les a utilisés un peu comme la 4e, mais avec un peu tous les attaquants. Si ça casse comme ça aux chances chaque soir (5 chances accordées en 12 minutes contre Buffalo, c'est de la merde, faut le dire), ça ne marche probablement pas. Mais si Therrien leur laisse quelques matchs et qu'ils stabilisent les choses, ça donne à Markov et Emelin la possibilité de faire beaucoup de foin en zone offensive. Honnêtement, je pense que Murray va revenir dès le prochain match, mais sait-on jamais?





samedi 15 mars 2014

21006: Ottawa 4 Montréal 5 (P)

Je peux comprendre les Sénateurs. Ayant eu l'air complètement empotés en première, ils ont été sauvés par Lehner. À partir de la deuxième jusqu'à la mi-3e période, ils ont repris leur rythme et ont complètement dominé le CH. Après leur 4e but, on les a vus se tasser tranquillement dans un repli défensif des plus prudents, jouant la contre-attaque.

Et on peut comprendre leur frustration. Après avoir tiré à blanc en première, les Sénateurs ont planté au CH 7 chances à forces égales en deuxième et 10 en troisième. Malheureusement pour eux, ils n'ont su rester étanches et disciplinés et, avec 7 chances de marquer concédées aux rouges à forces égales en 3e et un avantage numérique qui leur fût fatal pour clore cette période, ils ont fini par se bruler.

Les duels avec les Sénateurs sont toujours des moments intéressants, Paul MacLean étant un entraîneur féru de confrontations. Il adore flagosser l'ordre de ses trios pour aller chercher le petit avantage, exposer la faiblesse dans l'alignement adverse. Therrien, lui, est plus carré; il s'intéresse parfois aux confrontations, parfois aux zones de mises en jeu, mais change rarement de plan en cours de route et semble compter pour l'essentiel sur son dernier changement pour arriver à ses fins.

Contre les Sénateurs, il tentait l'expérience de nouveaux trios et, disons les choses franchement, ça n'a pas été terriblement concluant. Le club a bien fini par fournir à l'attaque, ce qui n'est pas en soit surprenant. Depuis l'arrivée de Vanek, la profondeur à l'attaque fait en sorte qu'ils trouvent généralement le moyen de coller 15 chances à forces égales, ce qui est excellent. Mais les difficultés sont plutôt du côté de la défensive, plus poreuse que jamais depuis la blessure à Gorges. Les Sénateurs ont le même problème et, au jeu de pile ou face, le CH a fini par gagner, mais le problème reste entier.

  • Fort match de Plekanec, Gionta et Brière, ce dernier collant au total pas moins de quatre chances de marquer à forces égales. Je dois le dire, Brière me fait mentir, il semble désormais beaucoup plus rapide et use de son sens du jeu et de cette fraction de seconde retrouvée pour empoisonner la vie des défensives adverses autour de leur filet. Therrien a fini par envoyer Gallagher aux côtés du 48 et du 14, le capitaine s'en allant au flanc droit d'Eller à mi-chemin en 3e. On y revient dans un instant. Ils ont fait la peau aux trois premiers trios des Sénateurs, ne cédant curieusement que contre la 4e et le 3e duo adverse, pourtant médiocres. Y'a des soirs, comme ça... Peu de mises en zone offensive, un contre-emploi manifeste pour un type comme Brière. Therrien, sur certain point, pose méthodiquement des gestes dont la logique m'échappe complètement et la propension à donner des mises en zone défensive au 48 en est un exemple patent. De toute évidence, il y a une méthode derrière ces gestes, mais rien de ce que je vois et comprends de la game ne l'explique à mes yeux. Comme quoi, on manque ben des choses vu de son salon. Reste que j'ai un sérieux doute.
  • Encore deux chances à forces égales pour Vanek, qui n'était jamais loin de l'action menée par Pacioretty et Desharnais. Outre le but héroïque de ce dernier à, oh, 0,5 seconde de la fin(!), ce trio était un peu erratique et je reste convaincu que c'est une mauvaise idée que de mettre Vanek à la gauche de ces deux-là. Encore ici, une manie de Therrien: faire jouer des joueurs à une position qui n'est pas la leur, alors qu'on a dans l'alignement une place où les mettre dans un rôle qui est le leur.
  • Turris a éventré Eller comme un poisson frais pêché. Réaction intéressante de Therrien; au lieu de chercher à soustraire le Danois aux attentions du centre #1 des Sénateurs, il a plutôt opté pour Gionta à son aile. Le capitaine n'a plus 20 ans, mais c'est encore un excellent joueur défensif et son arrivée a immédiatement donné de l'assurance à ses deux coéquipiers. Ajoutons à ça que la rondelle a roulé pour eux: en 2:27, deux buts marqués sur 4 chances et 6 tirs vers le filet. Pas mal. Je ramènerais Gallagher avec DD et Pacioretty et tenterait le coup de Vanek/Pleks/Brière, mais on n'en demandera pas trop.
  • Excellent match de la 4e ligne, qui a mangé ses mises en zone défensive et collé 3 chances au 4e trio adverse.
  • Un peu tout croche pour Bouillon et Subban, surtout en compagnie de la kid line. Mais PK a pris feu en 3e et Bouillon a collé le but de la victoire.
  • Calés en zone défensive, Emelin et Markov ont souvent donné la ligne bleue aux Sénateurs à partir de la deuxième période. Ils tiennent à peu près, mais à forces égales, leur charge de travail me semble simplement trop lourde.
  • On regarde les chiffres et c'est très beau pour Murray et Weaver. Mais ils ont joué presque exclusivement contre la 4e ligne et n'ont pris que 3 mises en zone défensive. C'est un autre élément de la méthode Therrien que je ne réussis pas à assimiler. Pourquoi enfoncer ainsi ses 2 premiers duos pour protéger ce qui, au bout du compte, un duo défensif qu'on ne fait pas jouer dans des situations défensives? On tourne en rond...





jeudi 13 mars 2014

20985: Boston 4 Montréal 1

Il y avait quelque chose de saisissant à regarder, tout au long du match, les attaquants du CH contourner le grand Chara comme un cône orange. Peut-être traine-t-il une blessure, mais peut-être aussi est-il enfin en train de ralentir. On peut espérer.
C'était un de ces matchs où le CH ne peut acheter un but et où, au bout du compte, les Bruins ont fini par trouver les failles pour s'imposer. Les bons clubs savent faire ça. J'ajouterais que la décision de Therrien de remanier ses trios en troisième m'a semblé particulièrement mal avisée. Les problèmes ne venaient pas de là.

  • Vanek, Plekanec et Gionta se voyaient vraiment pour la première fois et ça a paru. Outre un passage à tabac de la 4e des Bruins en fin de 2e, ce trio a tenu sans trop de difficultés contre Krejci et eu l'avantage aux entrées de zone contre celui de Bergeron. Vanek, qui par les habiletés avec la rondelle et la force physique rappelle vraiment Kovalev, est plus structuré et méthodique que ce dernier. Il ne garde jamais possession inutilement longtemps, renvoie systématiquement la rondelle à un coéquipier capable de la faire avancer dans une zone avantageuse. Avec les deux autres, il est la pièce qui manquait au CH pour avoir cet outil des plus précieux: un trio capable de jouer la possession de rondelle en minutes dures. Il est inutile de s'attarder au positionnement de Vanek en zone défensive lorsque son équipe n'y a pas la rondelle, parce que son excellence à s'offrir en cible pour une passe et sa capacité à gagner les batailles pour la rondelle et à la distribuer font en sorte qu'avec Gionta et Pleks, le jeu se transporte encore et toujours vers l'autre zone. Reste que son jeu sur le but de Chara était effroyable…
  • Vanek était plutôt perdu à la droite de Pacioretty et Desharnais, on voit à quel point il n'a jamais joué de ce côté. Les 4 chances collées à la 4e des Bruins en compagnie de ces deux joueurs sont toutes arrivées en rafales en début de période sur la séquence du but de DD. Ce genre de succès initial, suivi d'une complète atonie, est le genre de piège dans lequel les entraineurs tombent. Un peu comme Brière avec ces deux-là, ou encore Bourque avec Pleks et Gionta en début de saison dernière, un succès rapide n'est souvent que le reflet du hasard. C'est avec Gallagher que Desharnais et Pacioretty excellent et qu'ils aient connu un mauvais match contre les Bruins n'y change rien. Victimes de quelques dégagements refusés, ils ont eu Bergeron sur le dos quelques fois de trop et ont mal paru. Ça arrive.
  • Eller, Galchenyuk et Brière ont eu un mauvais match au total, mais si on regarde de plus près, on constate que les problèmes sont surtout survenus lorsqu'ils étaient accompagnés de Tinordi et Murray.
  • La 4e a mangé ses bas et Therrien ne semble pas leur faire confiance outre mesure pour l'instant. On ne peut qu'espérer qu'il accepte qu'ils n'aient jamais l'air trop fin, mais que leur utilité reste dans leur capacité à sortir la rondelle de la zone défensive, pas à courir après les défenseurs en zone adverse.
  • Subban et Bouillon ont semblé manquer de jus en 3e, surtout Bouillon, évidemment. C'est dommage, mais dans le détail, c'est Bergeron qui a fini par trouver le moyen de leur tailler quelques coches. Bouillon n'est pas Gorges, on doit accepter que ce genre de choses arrive.
  • Emelin et Markov étaient sur le cas du trio de Krejci, ce qui veut dire que le pauvre Emelin s'est fait taper dedans par Lucic à quelques reprises. Outre une vengeance vicieuse sur Krejci en 2e (sous le nez de Lucic, heh…), Emelin est resté discipliné. Le but de Lucic n'était pas une chance de marquer, mais il compte pareil.
  • Les Bruins ont explosé en deuxième, mais ils n'ont pas tant accéléré la cadence que mit la patte sur Tinordi et Murray. Le gros Douglas a terminé la 2e +1/-5 aux chances, Tinordi +1/-7. Au total, ces deux-là ont joué 10 et 12 minutes et furent sur la glace pour 7 et 9 des 19 chances des Bruins. Il est là, le problème. Il y est depuis longtemps et les entraîneurs ne semblent pas être capables de le voir. C'est regrettable.